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Après 29 ans d’absence, une diplomatie américaine devrait bientôt s’établir en Iran

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 Un responsable du département d’État a reconnu le mois dernier que des officiels américains envisageaient la possibilité d’ouvrir une section d’intérêts à Téhéran. "Je sais que le sujet a été abordé", a-t-il indiqué, en s’exprimant sous réserve de l’anonymat. "Je ne sais pas à quel degré cette possibilité est envisagée", a-t-il cependant ajouté. De son côté, Condolezza Rice, secrétaire d’État américaine, a mis en place un groupe pour étudier la faisabilité de ce projet, poursuit le quotidien, tout en précisant qu’elle a refusé de commenter cette information.

L’Iran étudie la question

Le retour de diplomates en Iran est soumis à l’accord de Téhéran. Mais le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a indiqué la semaine dernière qu’il n’était pas contre une telle mesure. "Nous recevrons favorablement toute action visant à renforcer les relations entre les peuples", a-t-il souligné la semaine dernière, selon des propos rapportés par le quotidien britannique. De plus, jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a indiqué que son pays étudiait la question. "L’ouverture d’un bureau pour les intérêts américains fait l’objet d’études et d’examens" en Iran, a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, lors d’une conférence de presse à Damas avec son homologue syrien Walid Mouallem. "La demande des États-Unis a été faite via les médias d’une manière non officielle", a poursuivi le ministre.

La création d’une section d’intérêts diplomatiques à Téhéran marquerait le premier retour de diplomates dans le pays depuis la crise des otages de l’ambassade des États-Unis après la Révolution islamique et le renversement du régime du Shah en 1979. Après avoir pénétré dans l’ambassade américaine, des étudiants islamistes avaient retenu en otage des diplomates américains pendant plus d’un an.

Nouveau cap diplomatique

Le président George W. Bush semble donc opérer un spectaculaire changement diplomatique face au casse-tête nucléaire iranien. L’information du Guardian est révélée au lendemain de l’annonce faite par le président américain selon laquelle le numéro trois du département d’État, William Burns, participera aux entretiens sur le dossier nucléaire iranien prévus samedi à Genève. Ce dernier rencontrera à cette occasion Saïd Jalili, principal négociateur iranien sur le dossier nucléaire, lors de la réunion destinée à tenter de persuader Téhéran de cesser ses activités conduisant à la mise au point d’armes nucléaires.

Il n’est cependant pas prévu que Burns rencontre séparément Saïd Jalili ni qu’il négocie avec lui. En envoyant un diplomate d’un tel niveau, l’administration Bush paraît donner raison à ceux qui, en Europe ou aux États-Unis, disaient que la crise iranienne ne pouvait être résolue sans une forte implication diplomatique américaine.

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