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Les experts divergent sur l’état d’avancement du programme nucléaire iranien

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The Associated Press, 13 novembre 2008 – Par Barry Schweid – Accusé par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme nucléaire, l’Iran, qui a testé mercredi un nouveau missile sol-sol, pourrait toucher au but dans quelques années au plus, selon les experts, qui divergent toutefois sur cette date fatidique. Téhéran affirme de son côté que son programme nucléaire poursuit des objectifs uniquement civils, notamment la production d’électricité.

Une chose est sûre en tout cas, alors que des représentants des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU -Grande-Bretagne, Chine, France, Russie, Etats-Unis-plus l’Allemagne, doivent se rencontrer jeudi à Paris pour évoquer de nouvelles sanctions contre l’Iran, Barack Obama juge inacceptable les efforts présumés de Téhéran pour développer l’arme atomique: lors de la conférence de presse qui a suivi son élection, le prochain président des Etats-Unis a estimé nécessaire une mobilisation internationale "pour empêcher cela d’arriver."

Les six pays impliqués dans les discussions sur d’éventuelles sanctions supplémentaires aux Nations unies n’ont pas réussi jusqu’ici à afficher une position commune sur le sujet, la Russie et la Chine étant réticentes à de nouvelles mesures de rétorsion.

Dans un récent rapport, Anthony Cordesman, du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington, estime que l’Iran a aujourd’hui la base technologique pour fabriquer des armes nucléaires, limitée seulement par ses capacités actuelles d’enrichissement d’uranium.

Dans le pire des scénarios, Téhéran pourrait mettre au point un engin nucléaire dès 2009, mais cela pourrait très bien ne pas se produire "avant 2011-2015", a-t-il déclaré mardi dans un entretien à l’Associated Press. Mais "la question cruciale est: quand l’Iran pourrait-elle avoir une force de missiles nucléaires? Cela pourrait prendre facilement deux ou trois ans de plus".

De son côté, Israël affirme que Téhéran pourrait être en mesure de fabriquer sa première bombe d’ici un an, alors que les Etats-Unis estiment qu’il faudra au moins deux ans à l’Iran pour y arriver. "Les estimations divergent sur l’état d’avancement du programme nucléaire iranien", car on dispose de peu d’informations sur le sujet, souligne Michael Makosvky, directeur de la politique étrangère du Centre politique bipartisan.

Un groupe de travail du CSIS dirigé par les anciens sénateurs Dan Coats (républicain), et Charles Robb (démocrate), a conclu dans un récent rapport qu’une fois que l’Iran aura obtenu 700 kilos d’uranium faiblement enrichi, il pourrait produire 20 kilos d’uranium hautement enrichi -la quantité minimum nécessaire pour un engin nucléaire-en seulement 16 jours. Les inspecteurs internationaux de l’AIEA ont recensé 75 kilos d’uranium faiblement enrichi en Iran fin 2007.

Selon David Albright, qui dirige l’Institut pour la science et la sécurité internationale, basé à Washington, l’Iran a amélioré les centrifugeuses de son usine d’enrichissement de Natanz et pourrait être en mesure de fabriquer des armes nucléaires d’ici six mois à deux ans.

M. Makovsky explique que certaines inconnues contribuent à compliquer les prévisions sur le programme nucléaire iranien: Natanz est-il le seul complexe d’enrichissement, combien de centrifugeuses sont-elles en service, combien fonctionnent de manière efficace, et quelle quantité d’uranium y a-t-on déjà mis?

Les estimations sur la quantité de matière fissile nécessaire pour fabriquer une arme atomique varient également. Et on ignore combien de kilos d’uranium faiblement enrichi possède l’Iran, souligne M. Makovsky.

David Kay, l’ancien chef de l’équipe américaine chargée d’inspecter l’armement irakien, estime pour sa part que l’Iran devrait mettre deux à cinq ans pour construire une arme nucléaire. Ce qui signifie que le pays a déjà fait 80% du chemin, estimait-il le mois dernier. Tout en précisant que les 20% restants sont les plus difficiles.

Durant la campagne, Barack Obama s’est d’abord dit partisan d’un dialogue sans conditions avec les dirigeants iraniens. Mais il est ensuite apparu en retrait de cette position,en se déclarant sans autre précision favorable à une diplomatie directe. Quoi qu’il en soit, le président-élu apparaît beaucoup plus disposé à traiter directement avec le régime de Téhéran que le président américain sortant George W. Bush.

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