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Nucléaire : les grandes puissances déclinent l’invitation de l’Iran

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AFP: L’invitation faite par l’Iran à des grandes puissances, notamment la Chine, la Russie et l’Union européenne (UE), de visiter certains de ses sites nucléaires a été déclinée par ces pays-clés, selon des sources diplomatiques à Vienne, siège de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).

Seuls cinq pays ont annoncé qu’ils participeraient à la visite, qui aura lieu ce week-end, en l’occurrence l’Egypte, l’Algérie, Cuba, la Syrie et le Venezuela, les quatre derniers étant traditionnellement proches de Téhéran, a-t-on indiqué de sources diplomatiques à l’AFP.

D’autres pays, comme la Chine et la Russie, n’ont pas donné de réponse officielle, ont ajouté les diplomates, qui s’exprimaient sous couvert de l’anonymat, mais ont laissé entendre qu’ils n’y prendraient pas part.

Le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, n’était pas disponible pour confirmer quels pays avaient accepté l’invitation.

A Moscou, le 13 janvier, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déclaré que l’invitation de Téhéran « méritait » que l’on y prête « attention », mais qu’elle ne saurait remplacer les inspections de l’AIEA.

A Pékin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, souligne que « le représentant de la Chine à Vienne est encore chez lui, donc ce sera difficile pour lui de se rendre » à la visite organisée par l’Iran, ce qui a été interprété comme un refus poli.

De son côté, l’Union européenne avait rapidement décliné l’invitation, adressée à la Hongrie, en tant que présidente de l’UE, jugeant que « c’est à l’AIEA de visiter » les sites nucléaires iraniens.

L’Iran avait invité début janvier plusieurs pays membres de l’AIEA, dont la Russie, la Chine, l’Egypte et Cuba, ainsi que la Hongrie à visiter sa principale installation d’enrichissement d’uranium à Natanz et son usine à eau lourde à Arak, selon des sources diplomatiques à Vienne, alors que la dernière visite d’inspection de l’AIEA en Iran remonte à déjà février 2007.

Les puissances occidentales, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, ne figuraient pas sur cette liste, a-t-on indiqué de mêmes sources.

Ces pays soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

L’invitation inhabituelle de Téhéran avait été lancée tandis que les négociations sur le nucléaire entre l’Iran et les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) doivent reprendre le 20 janvier à Istanbul.

Le chef de la diplomatie de l’UE, la Britannique Catherine Ashton, se trouve déjà dans la métropole turque pour préparer cette réunion. Interrogée sur ses attentes, Mme Ashton a affirmé que « l’objectif était à présent de chercher des moyens tangibles et crédibles de faire avancer » le dossier.

Une précédente réunion avait eu lieu les 6 et 7 décembre à Genève après 14 mois de suspension.

Le programme nucléaire iranien a été condamné par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans six résolutions, dont quatre assorties de sanctions économiques et politiques.

Ces sanctions ont été renforcées, depuis juin, par celles, beaucoup plus sévères, adoptées par les Occidentaux pour tenter de convaincre l’Iran de modifier son attitude.

Outre ceux de Natanz et d’Arak, l’Iran développe et/ou utilise cinq autres sites dans le cadre de son programme nucléaire controversé, dont le dernier en date est celui de Fordo près de Qom (centre).

L’usine de Natanz est la plus connue et est sous la surveillance des inspecteurs de l’AIEA. Le réacteur à eau lourde d’Arak, qui n’est pas encore achevé, est officiellement destiné à produire du plutonium à des fins de recherche médicale.

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