IranIran (actualité)Réunion au sénat français sur l'Iran et Achraf

Réunion au sénat français sur l’Iran et Achraf

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CFID: Le Comité Français pour un Iran Démocratique (CFID) qui regroupe en France, parlementaires, anciens ministres, magistrats, personnalités politiques et défenseurs des droits de l’Homme, a organisé ce mercredi 12 janvier 2011 à la salle Monnerville au Palais du Luxembourg, une réunion intitulé « soutien des sénateurs français à la Résistance iranienne et au camp Achraf».

Cette réunion a eu lieu après deux événements majeurs touchant la situation du camp qui abrite 3400 membres du principal mouvement d’opposition iranienne. D’abord l’ordonnance du 28 décembre de la justice espagnole ouvrant une enquête sur l’attaque de juillet 2009 contre Achraf dans le cadre de crime de guerre et de crime contre la communauté internationale. Ensuite l’agression des résidents d’Achraf, le 7 janvier, par des agents du régime iranien et des forces aux ordres du comité chargé de la répression du camp, dans les services du premier ministre irakien.

Accueillant Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), le sénateur Jean-Pierre Michel lui a remis, au nom du CFID et de ses collègues, une déclaration de soutien à la résistance iranienne et en particulier aux Moudjahidine du peuple à Achraf, portant la signature d’une majorité de sénateurs.

Ce consensus au sénat démontre l’importance de ce sujet de politique internationale. D’autant plus qu’avant le Sénat, la majorité des députés en juillet 2010 et plus de 5000 maires de France ont signé un texte similaire.

Les sénateurs reflétant l’éventail politique, parmi lesquels des présidents de commissions, des présidents et vice-présidents des principaux groupes politiques, des présidents de régions et de conseils généraux ont condamné dans leur déclaration la répression massive en Iran qui a suivi le formidable soulèvement populaire pour mettre fin à la dictature religieuse. Ils ont particulièrement dénoncé les peines de mort pour « guerre contre Dieu »( ou moharebeh ). Tout en soutenant l’appel de Mme Radjavi à un changement démocratique en Iran, ils ont écrit que le gouvernement français «doit demander à l’ONU une présence plus active en soutien des droits des résidents du camp d’Achraf et d’assumer la responsabilité de leur protection. Nous pensons que les Etats-Unis doivent, dans la mise en œuvre du projet de résolution ayant reçu le soutien de la majorité du Congrès américain, fournir des garanties suffisantes pour la protection de ces personnes. Ils doivent aussi appeler le gouvernement irakien à reconnaître les droits des résidents d’Achraf, en tant que personnes protégées par la IVe convention de Genève »

Dans la réunion du 12 janvier, les participants évoquent le dernier communiqué d’Amnesty International alertant sur l’exécution imminente de 7 sympathisants des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), ainsi que la pendaison, le 28 décembre, d’un autre militant du même mouvement, M. Ali Saremi âgé de 62 ans, à la prison d’Evine de Téhéran. Parmi les accusations de M. Saremi, qui a passé au total 24 années d’incarcération, figurait sa visite à son fils au camp d’Achraf en Irak.

Les condamnations à mort, tortures et arrestations lancées contre les familles d’Achrafiens trahissent la crainte des dirigeants de Téhéran de la cité d’Achraf. Cité qui est devenue un modèle et une source d’inspiration pour les Iraniens, les encourageants à persévérer pour la démocratie et des libertés fondamentales en Iran.

Il y a deux ans que la protection d’Achraf a été transférée par la force multinationale (sous contrôle américain) aux forces de sécurité irakiennes. Depuis, ces dernières n’ont montré ni la volonté, ni la capacité d’assumer cette protection. Au contraire elles ont imposé de nombreuses restrictions aux habitants du camp dans le domaine médical et les produits de première nécessité. Elles ont aussi assuré la logistique d’un procédé de torture psychologique consistant à faire hurler quotidiennement contre les habitants, 180 haut-parleurs puissants qui entourent le camp. Voilà plus de deux ans qu’un comité illégal des bureaux du premier ministre irakien, sous le nom de « comité de fermeture du camp d’Achraf », organise toutes les mesures répressives contre les Achrafiens. Ce comité opère pourtant sous l’influence directe du régime iranien.

La dernière attaque en date remonte au 7 janvier 2011 où suite à une visite du ministre iranien des Affaires étrangères à Bagdad, quelques 200 éléments recrutés par l’ambassade d’Iran et soutenus par l’armée et la police irakienne sous l’autorité de ce comité, ont lancé une agression à coups de cocktails Molotov, de pierres, de barres de fer et d’objets contondants sur les réfugiés, faisant 176 blessés.
La justice espagnole vient de convoquer un général irakien directement impliqué dans le commandement de l’attaque sanglante de juillet 2009, pour crime contre la communauté internationale sur la base d’une violation de la 4e convention de Genève. L’ordonnance souligne que sur la base du statut de Rome du tribunal pénal international, une violation grave de cette convention -dont la France est signataire- constitue un crime de guerre. Le juge espagnole estime que cette qualification de crime de guerre s’applique aux autorités irakiennes en raison des actes commis contre les résidents d’Achraf.

Dans leur réunion du 12 janvier, les sénateurs appellent le gouvernement français à opter pour une diplomatie active dans le but de satisfaire aux demandes de la déclaration sénatoriale. En plus des garanties de protection des Achrafiens par les Américains et l’ONU, ils demandent deux mesures urgentes :

1 – La fin de la torture psychologique des Achrafiens et le retrait des 180 haut-parleurs.
2- La dissolution du comité illégal de fermeture du camp et, en ce qui concerne l’Irak, de placer Achraf sous la supervision du Parlement irakien.

Comité français pour un Iran démocratique

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