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L’AIEA aux prises avec la sûreté nucléaire et le casse-tête iranien

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VIENNE, 10 septembre 2011 (AFP): Par Isabelle LE PAGE  – Un plan d’action visant à renforcer la sûreté nucléaire après la catastrophe de Fukushima, au Japon, ainsi que le programme nucléaire controversé de l’Iran seront au centre de la réunion du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), du 12 au 16 septembre à Vienne.

Le directeur général de l’AIEA, le Japonais Yukiya Amano, présentera aux 35 gouverneurs son « plan d’action » pour améliorer la sûreté des quelque 440 réacteurs nucléaires répertoriés sur la planète, comme il en avait été convenu au cours d’une conférence générale ministérielle en juin sur la catastrophe de Fukushima.

Le directeur général avait proposé notamment d’envoyer des experts internationaux inspecter des centrales nucléaires, pour « ajouter de la transparence et de la crédibilité » aux examens nationaux, le tout sous l’égide de l’agence onusienne.

L’idée consistait à inspecter une quarantaine de sites dans le monde, choisis par l’agence, sur les trois prochaines années et à rendre publics les résultats.

Cet aspect est largement dilué dans le projet de plan d’action, dont l’AFP a obtenu une copie.

Dans ce document, Yukiya Amano encourage les pays disposant de centrales à accepter, sur une base « volontaire », qu’une équipe d’experts internationaux effectue une inspection, sans préciser de calendrier. L’agence offre déjà ce service si un Etat le demande. Il les engage aussi à créer des groupes nationaux pouvant intervenir rapidement en cas de crise dans un autre pays.

Dès leur annonce en juin, ses propositions sur les inspections internationales s’étaient heurtées à l’opposition de plusieurs grands pays, comme la Chine et surtout les Etats-Unis, rappellent des sources diplomatiques.

Tandis que d’autres Etats, tels que la France et l’Allemagne, les avaient saluées.

L’accident nucléaire au Japon, provoqué le 11 mars par un tremblement de terre géant suivi d’un tsunami, est le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986. Il a entraîné une révision de la politique énergétique de certains pays : l’Allemagne et la Suisse ont décidé leur retrait progressif de l’atome, l’Italie a renoncé à y revenir.

Les gouverneurs de l’AIEA retrouveront aussi des sujets devenus plus routiniers, comme le programme nucléaire de l’Iran sur lequel l’agence enquête depuis huit ans.

Les grandes puissances redoutent que ce programme – poursuivant uniquement des objectifs civils, selon la République islamique – ne dissimule des visées militaires et imposent depuis 2007 des sanctions de plus en plus sévères à l’Iran.

Dans un rapport confidentiel sur ce pays, que l’AFP a pu consulter, l’agence fait part de ses « inquiétudes grandissantes » sur le caractère éventuellement militaire du programme.

Téhéran avait toutefois permis à une équipe d’experts de l’AIEA de visiter au mois d’août davantage de sites que d’ordinaire, dont celui du réacteur à eau lourde d’Arak (centre de l’Iran).

« Il s’agissait d’une tentative » de « charmer les inspecteurs en leur faisant croire que cela ouvrait une nouvelle ère de coopération », a estimé vendredi l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Vienne, Simon Smith, ce qui n’est, selon lui, pas le cas.

Par ailleurs, les récentes propositions de l’Iran, qui s’est ensuite partiellement rétracté, d’une coopération complète avec l’AIEA en échange d’une levée des sanctions sont propres à entretenir la méfiance.

Figurera aussi au menu le projet de pays arabes de faire éventuellement voter une résolution sur la menace nucléaire israélienne au cours de la 55e conférence générale de l’AIEA, du 19 au 23 septembre à Vienne. Une telle initiative serait de mauvais augure avant le Forum de l’AIEA sur une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, qui doit avoir lieu les 21 et 22 novembre à Vienne, estiment certains diplomates occidentaux, Israël ayant fait connaître son intention de ne pas y participer si une telle résolution était présentée.

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