IranNucléaireNucléaire: l'AIEA constate son dialogue de sourds avec l'Iran

Nucléaire: l’AIEA constate son dialogue de sourds avec l’Iran

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VIENNE, 24 février 2012 (AFP) – L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a pris la mesure vendredi de son impasse dans le dossier iranien, reconnaissant des « divergences majeures » avec Téhéran sur la clarification de son programme nucléaire soupçonné par l’Occident d’avoir des visées militaires.

Lors d’une récente visite d’inspecteurs de l’AIEA en Iran, « une discussion intensive a été menée sur une approche structurée visant à clarifier toutes les questions en suspens concernant le programme nucléaire iranien », a déclaré l’agence dans son rapport trimestriel.

« Aucun accord n’a pu être trouvé entre l’Iran et l’agence, car des divergences majeures existent (entre les deux parties) concernant cette approche », selon le texte remis aux délégations des pays membres de l’agence onusienne, basée à Vienne.

L’AIEA a envoyé deux missions de haut rang en l’espace de moins d’un mois, mais son équipe est revenue bredouille. Le directeur général de l’agence Yukiya Amano avait reconnu l’échec des visites et exprimé sa déception.

Dans le rapport, le Japonais exhorte l’Iran à « coopérer pleinement » avec l’agence et à travailler avec elle à un « accord sur une approche structurée visant à résoudre tous les points en suspens ».

Selon une source proche de l’enquête de l’AIEA sur l’Iran, les experts de l’agence n’ont pas pu rencontrer de hauts responsables iraniens lors de leurs deux visites. « L’Iran a voulu freiner le processus et nous mettre un harnais », a assuré cette source sous couvert de l’anonymat.

« L’agence continue d’avoir de sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien », poursuit l’AIEA dans son rapport, déplorant notamment le refus opposé par les autorités iraniennes à une demande de visite du site militaire de Parchin, dans la banlieue de Téhéran.

Dans son rapport de novembre, l’AIEA avait mentionné la présence sur cette base d’un conteneur suspect, susceptible d’avoir servi pour tester des explosions.

« Pour tout accès ou visite, il faut se mettre d’accord au préalable sur le cadre de cette visite (…) Il n’y a pas eu d’accord et les négociations doivent continuer pour en trouver un », a réagi le représentant de l’Iran auprès de l’Agence, Ali Asghar Soltanieh, cité par l’agence de presse Fars.

L’Iran souhaite poursuivre sa coopération avec l’agence pour « prouver » le caractère pacifique de ses activités nucléaires, a-t-il également indiqué.

Dans le nouveau rapport, l’AIEA précise par ailleurs que l’Iran a triplé la production d’uranium enrichi jusqu’à 20% depuis novembre, à raison de 14 kilogrammes par mois. Téhéran aurait actuellement un stock d’environ 105 kg. Le pays dispose de 696 centrifugeuses –toutes d’ancienne génération– dans son site de Fordo, à 150 km au sud-ouest de Téhéran.

La république islamique a annoncé en janvier le démarrage de son enrichissement jusqu’à 20% dans ce site enfoui dans une montagne et difficile à attaquer. Une décision dénoncée comme une nouvelle provocation par les puissances occidentales et Israël. L’Etat hébreu laisse planer depuis plusieurs semaines la menace d’une intervention militaire.

En enrichissant à 20%, l’Iran se rapproche de la technologie qui lui permettrait d’aller jusqu’à 90%, le niveau de pureté nécessaire pour fabriquer la bombe. Mais le pays réfute régulièrement tout projet en ce sens.

Malgré six résolutions des Nations unies, dont quatre assorties de sanctions, il revendique le droit, en tant que signataire du Traité de non prolifération des armes nucléaires (TNP), d’enrichir de l’uranium à des fins pacifiques.

Le précédent rapport de l’agence, le plus critique émis en huit ans d’enquête sur les activités nucléaires iraniennes, avait provoqué un durcissement des sanctions européennes et américaines contre la République islamique. Le conseil des gouverneurs de l’AIEA avait voté une résolution contre l’Iran et demandé à Yukiya Amano de faire le point sur le dossier en mars, lors de la réunion du conseil, qui débutera le 5 mars.

 

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