IranNucléaireL'enrichissement d'uranium de l'Iran, élément-clé des négociations à Istanbul

L’enrichissement d’uranium de l’Iran, élément-clé des négociations à Istanbul

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VIENNE, 13 avr 2012 (AFP): Par Simon STURDEE – Convaincre l’Iran de réduire sa production d’uranium enrichi, qui peut être utilisée aussi bien à des visées pacifiques que militaires, sera certainement un sujet-clé lors des prochaines négociations entre les grandes puissances et l’Iran, estiment des experts.

Le groupe « 5+1 » (les cinq pays avec droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU — Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne — plus l’Allemagne) se retrouvent avec l’Iran samedi à Istanbul, en Turquie, pour parler à nouveau du programme nucléaire controversé de Téhéran, purement civil comme l’affirme la République islamique ou peut-être à caractère militaire comme le craignent notamment les Occidentaux.

Au cours de cette réunion, l’Iran pourrait aussi être pressé d’accorder à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) un meilleur accès à ses installations nucléaires.

L’enrichissement de l’uranium est une question cruciale car c’est « la priorité la plus urgente en terme de capacité pour l’Iran de fabriquer une arme rapidement s’il décidait de le faire », a expliqué à l’AFP Peter Crail, expert à l’Association du contrôle des armements, basée à Washington.

L’Iran dispose de 3.000 kg d’uranium faiblement enrichi (LEU) à 3,5%, mais ses capacités grandissantes d’enrichissement à 20%, notamment dans l’usine souterraine de Fordo (centre), posent question.

Les puissances occidentales craignent que si l’Iran décidait de développer une bombe nucléaire, il pourrait rapidement reconfigurer ses centrifugeuses de Fordo pour enrichir l’uranium au niveau nécessaire de 90%.

Téhéran soutient que l’uranium enrichi à 20% est destiné au réacteur de recherche de Téhéran (TRR), qui produit des isotopes à destination médicale.

L’une des options pour les pourparlers est de proposer à nouveau un accord où l’uranium nécessaire au TRR serait fourni par d’autres pays en échange de l’arrêt par l’Iran de ses activités d’enrichissement et de l’envoi à l’étranger d’une partie de ses stocks.

Mais, selon Mark Hibbs, du Carnegie Endowment for International Peace à Londres, l’Iran n’envisagera possibilité que si intervient « une feuille de route » pour un allégement des sanctions, décidées par l’ONU et les pays occidentaux, et est reconnu le droit de poursuivre ses activités nucléaires pacifiques.

Mark Fitzpatrick, de l’International Institute for Strategic Studies de Londres, voit comme autre alternative des « mesures techniques » pour compliquer la reconversion des centrifugeuses de Fordo ou de Natanz, un autre site nucléaire, pour produire de l’uranium à 90%.

Une autre concession que l’Iran pourrait accorder est de mettre en place un « protocole additionnel » au traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), auquel l’Iran, signataire du TNP, avait brièvement adhéré avant de l’abandonner en 2006, ont estimé les experts.

Cela donnerait à l’AIEA le droit d’accéder aux sites qui sont encore inaccessibles et permettrait de dévoiler d’éventuels sites secrets, comme l’était Fordo jusqu’en 2009.

L’AIEA a régulièrement réitéré dans ses rapports trimestriels que, l’Iran « ne faisant pas la preuve de la coopération nécessaire », le pays est « incapable de fournir des assurances crédibles sur l’absence de matériel et d’activités nucléaires non déclarés ».

Enfin, selon les analystes, le groupe « 5+1 » pourrait demander à l’Iran de fournir des réponses au rapport très critique de l’AIEA de novembre dernier. Dans ce rapport, l’agence onusienne avait évoqué une dimension militaire du programme nucléaire iranien. L’Union européenne et les Etats-Unis avaient dans la foulée renforcé leurs sanctions.

Jusqu’à présent, l’Iran a nié les éléments avancés dans le rapport, notamment au cours de deux visites de haut niveau de l’AIEA à Téhéran en janvier et février, arguant que les conclusions étaient fondées sur des preuves fabriquées par « les ennemis » de Téhéran.

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