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Nucléaire: le chef de l’AIEA à Téhéran pour demander plus de coopération

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TEHERAN, 21 mai 2012 (AFP) – Par Laurent MAILLARD – Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano a entamé lundi à Téhéran des entretiens pour obtenir plus de coopération des autorités sur le dossier nucléaire, avant une rencontre cruciale mercredi à Bagdad entre l’Iran et les grandes puissances.

M. Amano, dont c’est la première visite en Iran depuis sa nomination à la tête de l’agence onusienne fin 2009, a rencontré lundi matin le chef du programme nucléaire iranien Fereydoun Abbassi Davani, selon les médias iraniens.

Le directeur général de l’AIEA, accompagné du numéro deux de l’agence, l’Argentin Rafael Mariano Grossi, et du chef de ses inspecteurs, le Belge Herman Neckaerts, devait rencontrer dans l’après-midi le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi ainsi que le négociateur de Téhéran pour le dossier nucléaire Saïd Jalili.

M. Amano comme M. Salehi ont espéré dimanche que cette visite de quelques heures déboucherait sur un accord fixant de nouvelles règles de coopération entre l’Iran et l’agence onusienne afin de mieux répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien.

Alors que Téhéran affirme que ses activités sont purement pacifiques, l’AIEA qui surveille la plupart des installations nucléaires de l’Iran dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) s’inquiète depuis des années dans ses rapports d’une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien.

L’agence a régulièrement critiqué le manque de coopération de Téhéran pour répondre à ses questions, s’attirant en retour l’accusation d’être manipulée par les Occidentaux qui s’appuient largement sur ses rapports pour dénoncer les ambitions nucléaires de l’Iran.

M. Amano, lui même accusé à plusieurs reprises par l’Iran d’être « partial » et « non professionnel », a indiqué avant son départ pour Téhéran aborder cette visite « dans un état d’esprit positif » et « avec l’espoir de parvenir à un accord ».

Il a souligné que « des progrès satisfaisants » avaient été enregistrés lors de deux jours de discussions avec l’Iran la semaine dernière à Vienne après des mois de blocage, estimant que c’était « le bon moment d’avoir un dialogue direct avec des officiels iraniens ».

M. Salehi a espéré en écho, avant l’arrivée de M. Amano, que cette visite déboucherait sur un accord permettant de « répondre aux questions de l’AIEA et lever les ambiguïtés » sur le programme nucléaire iranien.

Le discussions devraient porter sur les conditions de travail de l’AIEA en Iran, mais également sur quelques points concrets comme l’accès au site militaire de Parchin où l’agence onusienne soupçonne Téhéran d’avoir mené des tests d’explosions conventionnelles susceptibles d’être utilisés pour développer une arme atomique.

L’Iran a refusé jusqu’à présent aux inspecteurs de l’AIEA tout accès à ce site qui ne figure pas parmi les installations nucléaires soumises au contrôle de l’agence.

Une réconciliation avec l’AIEA autour de nouvelles règles de coopération offrant davantage de transparence sur le programme nucléaire iranien constituerait un signal positif de l’Iran avant sa rencontre mercredi avec les grandes puissances.

Cette réunion cruciale devrait permettre à Téhéran et au groupe des « 5+1 » (les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l’Allemagne) de rechercher les bases concrètes d’un compromis pour une issue diplomatique à la crise autour du programme nucléaire iranien.

Ce programme a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, dont quatre assorties de sanctions ensuite renforcées unilatéralement par les Occidentaux.

Israël et Washington, les deux ennemis jurés de Téhéran, ont également laissé planer la menace de frappes militaires contre les sites nucléaire iraniens en cas d’échec de la diplomatie.

Les grandes puissances ont appelé samedi l’Iran, par la voix du G8, à « saisir sa chance » à Bagdad en prenant des « mesures concrètes » propres à « rétablir la confiance internationale dans le fait que (son) programme nucléaire est entièrement pacifique ».

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