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Réunion des femmes contre l’extrémisme islamiste : le combat des femmes contre la misogynie institutionnalisée du régime iranien

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Réunion des femmes contre l’extrémisme islamiste : le combat des femmes contre la misogynie institutionnalisée du régime iranien

Alors que l’on va bientôt célèbrer la journée mondiale de la femme, le 27 février, se sont réunis à la Grande Arche de la Défense des personnalités politiques, sociales et académiques ainsi que des activistes des droits des femmes de 26 pays, pour lutter contre l’intégrisme islamiste, dont les femmes sont les principales victimes, et contre lequel elles ont à jouer un rôle déterminant.

Cette réunion, organisée par la Commission des Femmes du Conseil National de la Résistance Iranienne, était intitulée « Les femmes contre l’extrémisme islamiste, Un plan d’action commun pour faire face à la nouvelle menace mondiale », ponctuée de témoignages poignants et de performances artistiques, avait également pour but de commenter les résultats du simulacre d’élections qui avait eu lieu la veille en Iran.

Maryam Radjavi, Présidente-élue du CNRI, a pris la parole, d’abord pour rappeler que les élections n’avaient laissé au peuple qu’un choix restreint entre plusieurs factions responsables de la répression, de la torture, et de l’exportation du terrorisme, balayant tout espoir de modération au sein de ce régime intégriste qui a institué le système du velayat-e faqih (pouvoir absolu de la religion représentée par le Guide Suprême).

Si le régime est inaltérable, il n’en reste pas moins profondément affaibli, puisqu’il est divisé par des clivages internes qu’Ali Khameini tente de masquer en focalisant son attention sur la guerre en Syrie, la répression intérieure… et en particulier celle exercée à l’encontre des femmes.

En effet, selon Mme Radjavi, « la misogynie et les inégalités institutionnalisées par les mollahs servent de leviers pour réprimer non seulement les femmes, mais la société en général. » Cette misogynie, comme l’a signalé Mme Radjavi, s’exprime d’abord avec l’imposition du voile et l’arrestation de femmes « mal-voilées », l’autorisation de la polygamie et des abus sexuel sur les mineures et fillettes de moins de 9 ans, et trouve des répercussions dans la violence, le viol et la misère que les femmes endurent, touchées entre autre par les ravages de la drogue, conséquence directe de l’application de la charia.

La Présidente-élue a résumé ainsi son projet pour la démocratie et la défense des droits des femmes : « Face à l’extrémisme, l’obscurantisme et l’abus de la religion, nous défendons un islam authentique conforme à la démocratie et à la souveraineté populaire. En atteignant les objectifs de l’égalité et la parité, notamment avec la participation active et paritaire des femmes dans le leadership politique, nous entendons faire de ce siècle, au nom de la femme, celui de l’émancipation des femmes. »

Linda Chavez, ancienne directrice-adjointe pour les relations publiques de la Maison Blanche, et Rama Yade, ancienne ministre française des Droits de l’Homme, entre autres, ont allongé la liste commencée par Mme Radjavi des injustices subies par les femmes.

Linda Chavez, au sujet des dernières élections : « sur 88 sièges pour l’Assemblée des Experts, aucune femme n’a été autorisée à se présenter ». « Depuis le début du mandat de Rohani, 64 femmes ont été exécutées », « qui n’ont pas commis de crime : ce sont des crimes politiques contre l’humanité. »

Rama Yade a rappelé que les femmes, « considérées comme des sous-citoyens, voire des esclaves », étaient discriminées à l’embauche et ne pouvaient voyager sans l’autorisation de leurs maris.

Mais les nombreuses intervenantes n’ont eu de cesse, par ailleurs, de rappeler le courage des militantes dans le monde et celui des femmes iraniennes en particulier, qui toutes se battent malgré le danger pour faire advenir le changement.

Rama Yade a applaudi les femmes iraniennes qui « ne se laissent pas faire ». « Elles se battent, elles résistent et le paient au prix fort. Au moins 50 défenseurs des droits des femmes sont actuellement en prison. »

Pour la célèbre anthropologue et féministe Françoise Héritier (professeur honoraire du collège de France), qui s’est exprimée par message vidéo, « il est légitime que les femmes aient un statut égal à celui des hommes, et obtiennent la même considération que les hommes, mais nous ne pourrons y parvenir sans nous battre et faire beaucoup de sacrifices. Et c’est pourquoi l’éducation est cruciale. Il faut aussi leur donner les moyens aussi souvent que possible. »

Elle cite Mme Radjavi comme « un exemple pour beaucoup d’entre nous, qui a décidé de donner des responsabilités aux femmes », « et si ça marche, ce sera un exemple pour toute l’humanité ».

Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle en Colombie et ex-otage, a évoqué la force qu’avaient en elles les femmes de l’assemblée, « résultat des combats d’héroïnes qui ont vécu dans le passé » et qui ont « laissé une empreinte dans l’histoire du monde » : « nous avons un héritage et grâce à elles nous avons des droits mais aussi des devoirs, et notre premier devoir est de nous regarder les unes les autres et même si nous venons de cultures, de milieux et de pays différents, nous avons les mêmes droits. »

Elle a ajouté : « Il faut faire en sorte que Maryam soit connue et reconnue à travers le monde, et soutenue notamment par les dirigeants des démocraties occidentales. »

 

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