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Une partie civile décédé il y a 9 ans est réssussitée par les services iraniens

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blog.lemonde, 8 janvier – Par Dominique Hollard – Le régime iranien a cherché à manipuler la justice française en présentant un recours au nom d’une personne décédée il y a 9 ans pour empêcher la clôture définitive du dossier des opposants iraniens en France.

Les procédures ouvertes contre ces militants politiques, il y a plus de 13 ans, avaient été suivi de décisions de non-lieu rendues par le juge Marc Trévidic. L’accusation de terrorisme ayant été définitivement balayée, le régime a cherché à faire appel de la décision du juge concernant de présumées infractions financières.

Pour un régime sans scrupule et hystérique vis-à-vis de sa principale force d’opposition, le Conseil National de la Résistance iranienne, la fin justifie les moyens. C’est ainsi que, dans une tournure invraisemblable, les avocats ont appris l’appel de l’unique partie civile, un certain Ziaedin Abdolrazaghi, résidant à Londres, et décédé il y a plus de 9 ans, comme en atteste un certificat de décès obtenu par les avocats auprès des autorités britanniques. Le régime l’avait utilisé à l’époque pour s’introduire dans le dossier des opposants iraniens en France, en prétendant une usurpation de son identité par l’un des militants. Poussant la supercherie à son comble, ce « mort plaignant » a été « ressuscité » par les mollahs pour faire obstacle aux avancés de la Résistance iranienne, dirigée par Maryam Radjavi.

Le caractère totalement fantaisiste de cette partie civile avait été largement commenté à l’époque par les avocats des mis en examen. Le magistrat instructeur, le 16 septembre 2014, a cependant rendu un non-lieu du chef d’usurpation d’identité. En effet tous les indices concordaient pour valider le fait que cette étrange partie civile n’était qu’un instrument des services secrets iraniens.

William Bourdon, avocat des membres du CNRI, s’est indigné de « l’incroyable manipulation qui réside nécessairement de l’appel de quelqu’un décédé depuis 9 ans. Ces faits, à eux seuls, mériteront une enquête appropriée tant ils témoignent de la permanence d’un activisme des autorités iraniennes auprès de la France aux fins de tenter de pérenniser, y compris au prix de graves manipulations, la criminalisation des clients des avocats soussignés », a-t-il souligné dans un communiqué.

Les autorités judiciaires françaises doivent tirer toutes les conséquences de ce qui précède en déterminant les conditions dans lesquelles une personne décédée depuis 9 ans a pu régulariser un appel à l’encontre d’une ordonnance de non-lieu mettant un terme à une procédure datant de plus de 10 ans. Les manipulations des services de renseignements iraniens et l’instrumentalisation de la justice française pendant plus de 13 ans n’ont que trop durées. Les responsables de cette supercherie doivent être dénoncés et expulsés du sol français.

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