Alors que la crise de l’eau et la sécheresse persistent en Iran, un groupe d’agriculteurs de la province d’Ispahan s’est de nouveau rassemblé pour protester contre les pénuries d’eau et l’assèchement de la rivière Zayandeh Rud. Certains manifestants ont également arraché la canalisation d’eau alimentant Yazd.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent qu’un groupe d’agriculteurs de l’est d’Ispahan a poursuivi sa manifestation le samedi 29 mars pour revendiquer leurs droits à l’eau.
Ce rassemblement visait à protester contre le non-respect par les autorités de leurs promesses concernant l’attribution des droits à l’eau de Zayandeh Rud.
La compagnie des eaux et des eaux usées de Yazd a également signalé des dommages à la canalisation d’eau potable alimentant la province et a exhorté les citoyens à réduire leur consommation d’eau afin d’éviter les pénuries.
Jalal Alamdari, PDG de la compagnie des eaux et des eaux usées de Yazd, a qualifié la situation de l’eau potable dans la province de critique, évoquant la destruction de la canalisation de transfert d’eau. Il a averti que Yazd était désormais confrontée à une pénurie d’eau de 1 400 litres par seconde.
Il a annoncé que 13 camions-citernes seraient mobilisés pour remédier à cette pénurie.
Les manifestations des agriculteurs d’Ispahan contre l’assèchement du Zayandeh Rud et le non-respect de leurs droits d’eau ont fait la une des journaux à plusieurs reprises ces dernières années.
Les agriculteurs protestataires affirment que la part d’eau qui revient à Ispahan est détournée vers d’autres provinces, dont Yazd.
Ispahan est considérée comme l’une des provinces iraniennes les plus touchées par le stress hydrique. Ses habitants ont protesté à plusieurs reprises contre la mauvaise gestion de la crise de l’eau par le gouvernement iranien.
Dans certains cas, ces manifestations ont été violemment réprimées par les forces de sécurité iraniennes.
Le premier cas signalé de rupture des conduites de transfert d’eau entre Ispahan et Yazd remonte à 2012, ce qui souligne la gravité de la crise, qui n’a fait que s’aggraver au cours des années suivantes.
Il convient de noter que l’une des principales causes des pénuries d’eau à Ispahan est l’allocation de la majorité des ressources en eau douce aux industries contrôlées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC).

