Le report du quatrième cycle de négociations nucléaires entre le régime iranien et les États-Unis, ainsi que l’impact de cette nouvelle, ont entraîné une chute de l’indice boursier de Téhéran et une hausse du taux de change dollar-rial. Certains analystes suggèrent que les négociations pourraient avoir « échoué » plutôt que d’avoir été simplement « reportées ».
Le report du quatrième cycle de négociations nucléaires entre le régime et les États-Unis et la réaction du marché qui en a résulté en début de semaine ont provoqué une forte baisse de l’indice boursier de Téhéran et une hausse du dollar.
Selon les médias iraniens, le cours d’un dollar américain sur le marché des changes non officiel de Téhéran a atteint environ 870 000 rials le samedi 3 mai, soit une hausse d’environ 5 % par rapport à la semaine précédente. Par ailleurs, l’indice boursier de Téhéran a chuté de 61 116 points samedi, terminant une nouvelle fois dans le rouge.
Dans ce contexte, l’agence de presse officielle ISNA a rapporté que, lors du premier jour ouvrable de la semaine en Iran, seules 82 actions ont clôturé dans le vert, contre 269 dans le rouge, et que la valeur globale du marché a chuté d’environ 2 %.
Selon les experts, alors que les marchés des changes et de l’or ont affiché une tendance baissière au cours des 18 derniers jours de négociation en raison des négociations sur le nucléaire, la Bourse de Téhéran n’a enregistré que quatre jours de pertes durant cette période, sa valeur globale ayant augmenté les autres jours.
Le régime iranien et les États-Unis ont tenu trois cycles de négociations sur le nucléaire, mais le quatrième cycle, prévu le samedi 3 mai, a été reporté pour des « raisons logistiques et techniques », selon Oman, pays hôte des négociations.
Par ailleurs, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a déclaré le 1er mai que les discussions prévues entre les représentants du régime et les trois pays européens – l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France – n’auraient pas lieu non plus.
Sur fond de spéculations sur les raisons du « report » des négociations nucléaires entre le régime iranien et les États-Unis, certains analystes suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un « échec » des négociations plutôt que d’un simple « retard ».
Sur fond de chute des marchés boursiers et de hausse du dollar consécutive au report des négociations nucléaires, le journal d’État Donya-ye Eqtesad a rapporté que la Bourse de Téhéran a connu samedi 3 mai « l’une des journées de cotation les plus difficiles de l’année ».
Selon le journal d’État Donya-ye Eqtesad, l’indice principal de la Bourse de Téhéran a chuté de 1,95 % samedi, « revenant à 3 116 000 points ».
Donya-ye Eqtesad a également signalé que, lors de la séance boursière de samedi, la « sortie sans précédent des fonds des investisseurs particuliers » a perturbé et inquiété de nombreux acteurs économiques. Selon le rapport, environ 40 000 milliards de rials (environ 46 millions de dollars) d’argent des investisseurs particuliers ont quitté le marché samedi. Ce montant « a non seulement battu un record sur deux ans, mais reflète également le niveau élevé de méfiance des investisseurs particuliers ».
Dans son rapport, Donya-ye Eqtesad attribue cette situation aux « inquiétudes des investisseurs quant aux perspectives des négociations » d’une part, et à la « faiblesse de la demande et à la méfiance générale envers l’évolution du marché » d’autre part.
Parallèlement, certains experts économiques prévoient « une nouvelle vague de sorties de capitaux et une baisse des indices ».
Inquiétudes des marchés face à l’incertitude des négociations nucléaires
L’ambiguïté entourant le déroulement des négociations nucléaires entre Téhéran et Washington s’est accentuée, les États-Unis semblant y avoir lié la question des missiles balistiques iraniens.
Parallèlement, le régime iranien a systématiquement qualifié son programme de missiles de « ligne rouge » et refusé de négocier sur ce sujet.
Selon les experts, la succession des récents développements – notamment l’annonce par le président américain Donald Trump de sanctions secondaires contre les secteurs pétrolier et pétrochimique iraniens, les déclarations du secrétaire d’État américain appelant à l’arrêt de
l’enrichissement d’uranium par l’Iran, l’avertissement sévère du secrétaire américain à la Défense concernant le soutien de l’Iran aux Houthis, le report du quatrième cycle de négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, et l’annulation des négociations prévues entre le régime iranien et l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France – renforcent les soupçons d’échec des négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis.

