Dans une déclaration commune, le ministère des Affaires étrangères et l’Organisation de l’énergie atomique du régime iranien ont qualifié le récent rapport de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sur le programme nucléaire iranien de répétition d’« accusations partiales et infondées » du passé.
La déclaration, publiée dans la soirée du samedi 31 mai, indique que le nouveau rapport de Grossi ne reflète pas le « véritable niveau » de coopération de Téhéran avec l’AIEA et que de « faux documents israéliens » ont été utilisés lors de sa préparation.
Le ministère des Affaires étrangères et l’Organisation de l’énergie atomique du régime iranien ont ajouté que le rapport de Grossi avait été rédigé « à des fins politiques, en faisant pression sur l’agence », qu’il allait « au-delà des responsabilités assignées au directeur général et qu’il était en contradiction avec les principes professionnels régissant les institutions internationales, notamment le principe d’impartialité ».
Samedi après-midi, l’AIEA a déclaré dans un rapport confidentiel que l’Iran avait précédemment mené des activités nucléaires secrètes sur trois sites faisant l’objet d’une enquête depuis longtemps.
Selon le rapport, ces trois sites – Lavizan-Shian, Varamin et Marivan – ainsi que d’autres sites potentiellement liés, faisaient partie d’un programme nucléaire structuré et non déclaré que l’Iran a mis en œuvre jusqu’au début des années 2000, utilisant des matières nucléaires non déclarées dans certaines de ces activités.
Grossi a également appelé une nouvelle fois le régime iranien à coopérer « immédiatement, pleinement et efficacement » avec l’Agence.
Téhéran a menacé de représailles
Dans leur déclaration, le ministère iranien des Affaires étrangères et l’Organisation de l’énergie atomique ont qualifié le rapport du directeur général de « déséquilibré » et de « manquant d’évaluation exhaustive ».
Les deux institutions ont indiqué que certaines parties du rapport abordaient des questions « insignifiantes, non liées aux garanties et mineures », soulevées dans le but d’exercer une pression « politique ».
Ils ont menacé que si certains pays tentaient d’« utiliser abusivement » le rapport de l’AIEA, le régime iranien envisagerait des « contre-mesures appropriées ».
Le 15 mars 2025, Grossi avait déjà averti, évoquant les inquiétudes mondiales croissantes concernant l’expansion du programme nucléaire du régime iranien, que Téhéran était sur le point de franchir le « seuil nucléaire ».
Le nouveau rapport de l’AIEA indique qu’entre 2009 et 2018, le régime iranien a stocké à Turquzabad des matières nucléaires non déclarées ou des équipements fortement contaminés en raison de son programme nucléaire non déclaré, puis les a retirés de cet emplacement.
La nouvelle évaluation de l’AIEA, présentée comme un rapport « complet », a été préparée à la demande du Conseil des gouverneurs en novembre 2024. Le rapport indique que le régime iranien n’a toujours pas fourni de réponses crédibles et techniquement satisfaisantes concernant les sites non déclarés.
Selon le rapport, les stocks d’uranium enrichi de l’Iran ont augmenté de plus de 953 kilogrammes depuis le rapport précédent, atteignant 9 247,6 kilogrammes.
En outre, les stocks d’uranium enrichi jusqu’à 60 % sous forme d’hexafluorure d’uranium ont augmenté de 133,8 kilogrammes, atteignant 408,6 kilogrammes.
Les nouvelles conclusions de l’AIEA pourraient avoir des implications techniques et diplomatiques importantes pour l’engagement international du régime iranien concernant ses activités nucléaires.

