Il semble que les négociations nucléaires entre le régime iranien et les États-Unis soient au bord de l’impasse, Téhéran se trouvant en position de faiblesse et de désespoir. Les récentes déclarations du président américain Donald Trump, affirmant que le régime iranien ne serait autorisé à aucun enrichissement d’uranium, ainsi que le rejet par Téhéran de l’offre de Washington, témoignent d’un échec stratégique du régime dans la réalisation de ses objectifs nucléaires et diplomatiques.
Le lundi 2 juin, Donald Trump a déclaré sur Truth Social qu’en vertu d’un éventuel accord, « nous n’autoriserons aucun enrichissement d’uranium !» Cette position ferme fait suite à l’annonce par le site web Axios que les États-Unis avaient proposé au régime iranien une proposition écrite autorisant un enrichissement limité à faible pureté (environ 3 %) pendant une période définie.
Les déclarations de Trump marquent un retour à la politique du « zéro enrichissement », précédemment prônée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio et l’envoyé spécial Steve Witkoff. En réponse, Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a qualifié la proposition américaine d’« inacceptable » et a déclaré que Téhéran préparait une réponse. Un diplomate de haut rang proche de l’équipe de négociation du régime iranien a déclaré à Reuters que la proposition de Washington était « partiale » et manquait de détails clairs sur l’allègement des sanctions. Le diplomate a ajouté que le comité de négociations nucléaires du régime iranien, placé sous la supervision du guide suprême, avait jugé l’offre américaine inadéquate et non conforme aux intérêts de Téhéran.
Rapports de l’AIEA et pressions sur le régime iranien
Deux nouveaux rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), publiés le 2 juin, ont encore affaibli la position du régime iranien. Selon le Wall Street Journal, ces rapports montrent que depuis février 2025, le régime a augmenté son stock d’uranium enrichi à 60 % d’environ 50 %, une quantité suffisante pour fabriquer dix armes nucléaires. Ce niveau d’enrichissement, proche de la pureté militaire, fait du régime iranien le seul pays non nucléaire doté de telles capacités.
Le deuxième rapport de l’AIEA souligne également le manquement du régime iranien à ses obligations en matière de recherche nucléaire non déclarée, indiquant que Téhéran continue de mentir dans son programme nucléaire.
Ces rapports ont préparé le terrain pour la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA du 9 juin, au cours de laquelle les États-Unis et les pays européens pourraient proposer une résolution contre le régime iranien pour violation du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Le Wall Street Journal a souligné que ces rapports fournissent suffisamment de preuves pour justifier la réimposition rapide de sanctions internationales contre le régime, une mesure qui pourrait intensifier la pression économique et politique sur Téhéran.
Incertitude quant à la poursuite des négociations
CNN a rapporté le 3 juin que la tenue d’un sixième cycle de négociations nucléaires entre le régime iranien et les États-Unis était entourée d’incertitudes et pourrait ne pas avoir lieu. Des sources proches du dossier ont indiqué à la chaîne que le régime iranien considérait la nouvelle proposition américaine comme non pertinente, irréaliste et excessivement exigeante.
Un haut responsable du régime iranien a déclaré que les changements répétés de position des États-Unis – notamment le passage d’une offre d’enrichissement limité à une insistance sur l’enrichissement zéro – ont rendu les négociations plus difficiles. Ce responsable a ajouté que la proposition américaine contredit les accords conclus lors du cinquième cycle de négociations à Rome le 23 mai 2025, ce qui témoigne d’un manque de cohérence stratégique de la part de Washington.
Le régime iranien est en position de faiblesse dans les négociations nucléaires. D’un côté, les rapports de l’AIEA et la pression internationale exposent Téhéran au risque d’un rétablissement de sanctions généralisées. De l’autre, l’économie du régime est au bord de l’effondrement sous le poids de l’inflation, du chômage et de la dévaluation continue de sa monnaie nationale.

