Des prisonniers politiques iraniens, lors de la 73e semaine de la campagne « Mardis non aux exécutions », ont déclaré :
« La guerre et les exécutions sont les deux faces d’une même médaille, celle des meurtres et de la répression perpétrés par l’État. Nous avons averti que la vie des prisonniers est en danger et que le rythme des exécutions pourrait s’accélérer.» Malgré les coupures d’accès à internet par le régime, leurs prédictions se sont malheureusement avérées exactes, selon des rapports publiés.
Israël, dans sa vague d’attaques et de bombardements, n’a même pas épargné la prison d’Evin. À ce jour, on ne dispose d’aucune information précise sur le nombre de victimes ou de dégâts. Cependant, des rapports indiquent que tous les quartiers généraux, y compris le quartier des femmes, les quartiers 4, 7 et 8, ont subi de graves dommages. Les prisonniers des quartiers généraux sont assiégés par les gardiens, privés d’eau et de nourriture, et se trouvent dans une situation désespérée et terrifiante. Ils subissent une pression immédiate de la part du directeur de la prison et des agents de répression pour être transférés à la prison du Grand Téhéran.
De plus, des prisonniers politiques ont été transférés par les forces de sécurité du quartier 209, géré par le ministère du Renseignement, et du quartier 2-A, contrôlé par le Service de renseignement du CGRI, vers des lieux inconnus. Malheureusement, plusieurs prisonnières du quartier des femmes ainsi que des quartiers 7, 8 et 4 ont été blessées.
Ces derniers jours, malgré la crise et la guerre en cours, la machine à exécutions poursuit son rythme effréné. Entre le 21 mai et le 21 juin, au moins 140 personnes ont été exécutées, dont cinq femmes. Rien que la semaine dernière, des condamnations à mort ont été prononcées contre au moins deux prisonniers politiques, Mohammad Darvish Narouyi et Yasin Kabdani, pour des accusations infondées d’« inimitié contre Dieu » et de « rébellion », sans procès équitable. Par ailleurs, les condamnations à mort de deux prisonniers accusés d’espionnage, Majid Mosayyebi et Mohammad-Amin Mahdavi Shayesteh, ont été exécutées. Des dizaines d’autres ont été arrêtés dans différentes villes sans aucune information à leur sujet, ce qui fait craindre qu’ils soient jugés et exécutés en temps de guerre, sans procédure régulière.
Le régime a la responsabilité de protéger les prisonniers. Or, au lieu de les protéger, nous assistons à une escalade de la répression du régime clérical à leur encontre. Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat et la libération de tous les prisonniers, y compris les prisonniers politiques et idéologiques.
La campagne « Mardis non aux exécutions » exhorte tous les opposants à la guerre et aux exécutions à empêcher que d’autres personnes soient victimes et exécutées sous couvert de guerre. Nous appelons toutes les organisations internationales et de défense des droits humains à faire pression sur toutes les parties pour qu’elles mettent fin à la guerre.
Nous exprimons notre profonde préoccupation concernant la situation des détenus, en particulier ceux de la prison d’Evin et les condamnés à mort, dont la situation et le lieu de détention restent inconnus.
Nous condamnons fermement le transfert forcé et soudain de prisonniers sans défense, soumis à de lourdes mesures de sécurité et de répression.
En cette période de guerre, la vie des prisonniers est gravement menacée. Nous appelons le peuple honorable et noble à exiger la libération des prisonniers par tous les moyens possibles, notamment en se rassemblant devant les prisons en signe de solidarité et en ne laissant pas les prisonniers seuls en ces temps critiques.
Les prisonniers politiques participant à la campagne « Mardis non aux exécutions » entameront une grève de la faim le mardi 24 juin dans 47 prison(s) iraniennes, dans le cadre de la 74e semaine de protestation.

