En Iran, les militants syndicaux ont mis en garde contre la hausse du chômage, les faillites d’unités de production et l’expansion des emplois informels, alors que la crise énergétique s’aggrave. Parallèlement, la croissance du travail informel et les pressions inflationnistes sur les moyens de subsistance des travailleurs ont encore assombri les perspectives du marché du travail.
Le journal d’État Jahan Sanat a publié lundi 25 août un rapport mettant en garde contre les conséquences de la crise énergétique sur l’emploi en Iran. Il a écrit que les pénuries d’électricité et les coupures répétées dans les usines ont « paralysé le moteur de l’économie » et constituent une grave menace pour l’emploi et la production.
Le rapport souligne que la crise énergétique non seulement détruit le marché du travail, mais aussi, en réduisant les investissements, menace gravement l’emploi futur et expose la société à de dangereuses conséquences sociales.
Ces dernières semaines, suite à des coupures de courant répétées dans plusieurs villes iraniennes, plusieurs citoyens ont signalé sur les réseaux sociaux que les coupures avaient perturbé leurs entreprises et leurs activités économiques.
Pannes industrielles et menace pour l’emploi des travailleurs
Les pannes de courant ont frappé des secteurs énergivores tels que l’acier, le ciment, l’aluminium, la pétrochimie et l’automobile, provoquant des arrêts de production, une baisse d’efficacité et une hausse des coûts, et, dans certains cas, des fermetures d’usines et des pertes d’emploi.
Selon Jahan Sanat, ces pannes ont accru la dépendance des industries aux générateurs diesel, entraînant « une hausse des prix des matières premières, une baisse de la demande et, in fine, une baisse de la production et des réductions d’effectifs ».
Hamid Hajesmaeili, expert du marché du travail, a déclaré à ce journal que les pannes causées par la crise énergétique ont fortement mis à rude épreuve les entreprises et les unités industrielles, entraînant une réduction de 40 % des capacités de production.
Le 5 août, des militants du secteur ont également averti qu’avec les coupures généralisées imposées depuis mai, la production d’acier devrait chuter de 33 % cette année.
Mises en garde d’experts et de militants syndicaux contre une vague de chômage
L’agence de presse Tasnim, affiliée au CGRI, a également indiqué dans un rapport que les coupures de courant répétées et la crise énergétique persistante ces derniers mois ont créé de graves problèmes tant pour les grandes industries que pour les petits et moyens ateliers, prévenant une possible hausse du taux de chômage dans les mois à venir.
Tasnim a noté que de nombreux ateliers, en raison de coupures de courant répétées, ont été contraints de réduire leurs horaires de travail ou d’arrêter une partie de leurs lignes de production, avertissant que la poursuite des coupures de courant aura un impact direct sur le taux de chômage.
Par ailleurs, Fathollah Bayat, président du Syndicat des travailleurs contractuels et temporaires, a averti qu’avec les coupures de courant persistantes en Iran, de nombreuses usines et entreprises seront contraintes de licencier et de réduire leurs effectifs.
Par ailleurs, Mohammadreza Tajik, membre du Conseil suprême du travail, a souligné la forte inflation et la forte hausse du coût de la vie, affirmant que le salaire minimum des travailleurs doit être révisé pour le second semestre.
Malek Hosseini, vice-ministre du Travail du gouvernement du président du régime Masoud Pezeshkian, a également déclaré que 57 % du marché du travail iranien est aux mains d’emplois informels, les travailleurs de ces secteurs n’ayant pour la plupart pas de couverture d’assurance.

