Le magazine Maritime Executive, publication spécialisée dans le secteur maritime, a indiqué que les nouvelles sanctions imposées au régime iranien dans le cadre du mécanisme de rétorsion automatique seront bien plus strictes que les restrictions actuelles et auront un impact considérable sur le secteur du transport maritime iranien.
Dans un article publié le dimanche 21 septembre, Maritime Executive a écrit que si les sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies sont rétablies comme prévu le 26 septembre, la flotte commerciale de la compagnie maritime iranienne IRISL (Islamic Republic of Iran Shipping Lines) et de ses filiales seront soumises à de fortes pressions. Selon Maritime Executive, cette flotte compte 115 navires.
Le magazine ajoute que 38 très grands pétroliers (VLCC) appartenant à la National Iranian Tanker Company (NITC) seront également soumis à de nouvelles restrictions, ce qui mettra en péril le pétrole iranien stocké dans des navires-citernes et les transferts de pétrole d’un navire à un autre (STS).
Vendredi 19 septembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a rejeté les propositions visant à retarder le rétablissement des sanctions suspendues en 2015 suite à l’accord nucléaire (JCPOA).
Cette décision a permis la réimposition des sanctions dans le cadre du mécanisme de rétorsion automatique. Le président français Emmanuel Macron a souligné vendredi 19 septembre que le retour des sanctions contre le régime iranien était certain.
La décision du Conseil de sécurité de l’ONU de poursuivre le processus de rétorsion a suscité de fortes réactions de la part des responsables du régime iranien. Le Conseil suprême de sécurité nationale a annoncé la suspension de sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tandis que plusieurs députés ont appelé à la sortie du Traité de non-prolifération (TNP) et même au développement d’une bombe nucléaire.
Actuellement, le régime iranien est soumis à des sanctions unilatérales imposées par les États-Unis et certains pays occidentaux. Cependant, le retour des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU obligera des pays comme la Chine, l’Inde, la Malaisie et les Émirats arabes unis, qui continuent de commercer avec l’Iran au prétexte du manque de légitimité internationale des sanctions, à les respecter.
Les sanctions de l’ONU concernent les exportations de pétrole et de gaz, le transport maritime et l’assurance, le système bancaire et l’accès au système financier international, ainsi que la production et l’importation d’armes et de technologies sensibles. Le rapport de Maritime Executive concluait en soulignant qu’avec le retour des sanctions de l’ONU, le régime iranien serait confronté à une nouvelle vague de pressions internationales dans les domaines de l’énergie, du commerce et de la finance. Ces pressions pourraient encore plus affaiblir l’économie iranienne et engendrer de graves conséquences politiques, tant à l’intérieur du pays qu’à l’international.
Global Trade Review rapportait également le 1er septembre que le président américain Donald Trump, en accord avec la politique de « pression maximale » de son administration envers le régime iranien, avait promis de réduire à zéro les exportations de pétrole de Téhéran. Selon ce rapport, un tiers des sanctions américaines visent spécifiquement le secteur maritime iranien.
Global Trade Review a écrit que la Maison Blanche s’est concentrée sur le fléchissement de la « flotte fantôme » iranienne et de ses revenus pétroliers. Un tiers des sanctions vise le transport maritime iranien. Le champ d’application des sanctions s’est ensuite étendu aux raffineries chinoises et aux opérateurs de stockage de pétrole brut.
Le 21 août, le département du Trésor américain avait sanctionné 13 compagnies maritimes et huit pétroliers liés au régime iranien, afin de contrer les tentatives de Téhéran de contourner les sanctions de Washington.
Le même jour, le gouvernement britannique, en coordination avec les États-Unis et l’Union européenne, a sanctionné Hossein Shamkhani, fils d’Ali Shamkhani (haut conseiller du guide suprême Ali Khamenei et figure clé de la vente de pétrole iranien et russe), ainsi que ses entreprises.
Outre Hossein Shamkhani, ses entreprises basées à Dubaï, notamment Admiral Shipping Group et Milavos Group, ont également été visées par les nouvelles sanctions.
La société londonienne Ocean Leonid Investments a également été sanctionnée par le Royaume-Uni. Ce fonds d’investissement joue un rôle important dans l’empire économique d’Hossein Shamkhani.

