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Chef du programme nucléaire iranien : « Ils nous disent : “Si vous touchez à quoi que ce soit, nous attaquerons de nouveau” »

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Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) – un responsable nommé par le régime iranien – a réitéré les accusations du régime contre l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il a déclaré que l’Iran subissait toujours des pressions et qu’on lui disait que toute action entraînerait une nouvelle attaque. Pour rappel, l’OIEA est l’autorité nucléaire du régime, responsable de toutes les installations nucléaires.

Le dimanche 16 novembre, lors d’une conférence d’État intitulée « Le droit international face à l’attaque, l’agression et la défense », M. Eslami a déclaré : « Nous sommes constamment menacés. Chaque jour, on nous dit que si nous faisons quoi que ce soit, nous attaquerons de nouveau. »

Les États-Unis et Israël ont souligné à plusieurs reprises qu’ils ne permettraient pas au régime iranien d’acquérir l’arme nucléaire.

Durant les douze jours de guerre entre Israël et le régime iranien, sept bombardiers B-2 ont décollé de la base aérienne de Whiteman, aux États-Unis, dans le cadre de l’« Opération Marteau de Minuit », et ont ciblé les sites nucléaires du régime.

Critiques répétées à l’encontre de l’AIEA

Dimanche, M. Eslami a réitéré ses critiques à l’encontre de l’AIEA, déclarant : « Le premier site bombardé par Israël durant les douze jours de guerre était une usine de production de combustible pour le réacteur de Téhéran, et seule l’Agence internationale de l’énergie atomique détenait les informations relatives à cet emplacement.»

Lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, le groupe a appelé le régime iranien à coopérer pleinement avec l’AIEA.

M. Eslami a toutefois affirmé : « Avant de chercher à définir une nouvelle modalité de coopération, l’Agence doit d’abord se redéfinir et déterminer sa position et ses responsabilités quant aux circonstances dans lesquelles une attaque militaire a eu lieu et des installations ont été endommagées, et c’est sur cette base qu’elle pourra engager un dialogue avec nous. »

Il a ajouté que, sans définition d’une procédure pour les inspections de l’Agence, les pressions politiques exercées sur le régime iranien resteraient vaines.

Parallèlement, Mohammad Marandi, ancien conseiller de l’équipe de négociation nucléaire iranienne sous Ebrahim Raisi, a annoncé que le régime iranien « ne fournirait aucune information superflue » à l’AIEA. Pour les lecteurs non iraniens : Marandi intervient fréquemment dans les médias d’État en tant que commentateur défendant la politique nucléaire du régime.

Araghchi : Nous sommes en dialogue avec l’Agence

Abbas Araghchi, actuel ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a déclaré dimanche qu’il existe des règles de coopération avec l’AIEA et que cette coopération se poursuivra tant que ces règles seront respectées.

Araghchi a indiqué que les ambassadeurs de l’Iran, de la Russie et de la Chine ont rencontré le directeur général de l’AIEA, et a précisé que le dialogue se poursuit entre Téhéran et l’Agence.

Il a affirmé qu’il n’existe aucune installation d’enrichissement non déclarée en Iran et que l’enrichissement est actuellement suspendu suite aux attaques dont ces installations ont fait l’objet.

Le 12 novembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué dans un rapport confidentiel que, depuis les attaques américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes durant la guerre de douze jours, elle n’est plus en mesure de vérifier les stocks iraniens d’uranium enrichi à un niveau proche de celui requis pour la fabrication d’armes nucléaires.

Selon le dernier rapport officiel de l’Agence, publié en septembre, le régime iranien possède 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, soit un niveau techniquement proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires.

Le directeur général de l’AIEA a averti que cette quantité d’uranium pourrait suffire à produire jusqu’à dix bombes nucléaires si l’Iran décidait de se doter de telles armes, tout en soulignant qu’aucune décision en ce sens n’a été prise.

Le régime iranien s’inquiète d’une nouvelle résolution au Conseil des gouverneurs de l’AIEA

Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a exprimé dimanche, en marge de la conférence officielle, son inquiétude quant à une possible nouvelle résolution hostile au régime au Conseil des gouverneurs de l’AIEA. Pour rappel : M. Gharibabadi a été ambassadeur d’Iran auprès de l’AIEA.

Il a déclaré : « Si une résolution est présentée et adoptée lors de la réunion du Conseil des gouverneurs, notre situation sera différente et nous devrons fondamentalement revoir notre approche. L’Iran devra réexaminer sa politique en matière de coopération avec l’Agence et sur les questions relatives au Traité de non-prolifération.»

Il a ajouté : « Ce n’est pas tant l’effet de cette résolution qui pose problème, mais plutôt le message qu’elle véhicule : la coopération et l’interaction ne sont pas importantes à leurs yeux. »

Plus tôt vendredi soir, la mission permanente du régime iranien auprès de l’ONU à Vienne a indiqué sur X que les États-Unis et trois pays européens comptaient présenter un projet de résolution contre Téhéran lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA la semaine prochaine.

Chef du programme nucléaire iranien : « Ils nous disent : “Si vous touchez à quoi que ce soit, nous attaquerons de nouveau” »Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA devrait aborder des questions telles que le programme nucléaire iranien lors de sa prochaine réunion, mercredi prochain.

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