Cinq mois après la fin de la guerre de douze jours, l’Institut pour la science et la sécurité internationale a annoncé, sur la base d’images satellites, que le régime iranien menait une opération de démantèlement au nouveau siège de l’Organisation pour l’innovation et la recherche en matière de défense (SPND), un organisme du ministère de la Défense chargé de l’armement nucléaire iranien.
Le Bureau de représentation du Conseil national de la résistance iranienne aux États-Unis (CNRI-US) a tenu une conférence de presse le 31 janvier, dévoilant de nouveaux renseignements selon lesquels Téhéran poursuit activement le développement de ses ogives nucléaires.
Ces renseignements indiquent que le régime iranien se concentre sur le développement d’ogives nucléaires pour missiles à propergol solide sur le site de missiles de Shahrud. Cet effort est piloté par l’Organisation pour la recherche avancée en matière de défense (SPND), qui supervise le programme d’armement nucléaire iranien.
L’institut basé à Washington a indiqué dans son dernier rapport sur les installations d’enrichissement d’uranium en Iran – attaquées pendant la guerre des douze jours – que le SPND avait déménagé dans un nouveau bâtiment en 2013, mais avait poursuivi ses activités principales au complexe de Lavizan-2.

Le nouveau siège était situé à un kilomètre et demi de l’ancien site de Lavizan-2, rue Fakhrizadeh à Téhéran.
Selon l’institut, l’Agence internationale de l’énergie atomique n’a jamais inspecté ce bâtiment, et il semble avoir été la cible de plusieurs frappes aériennes.
Le 20 juin, l’armée israélienne a annoncé que lors de ses frappes nocturnes en Iran, elle avait visé, entre autres, le bâtiment principal du SPND à Téhéran.
Cet institut a été fondé par Mohsen Fakhrizadeh pour la recherche et le développement de technologies et d’armements de pointe destinés aux forces armées du régime iranien. Fakhrizadeh, figure clé du programme nucléaire iranien, a été tué en 2020.
Durant les douze jours de guerre, sept bombardiers B-2 ont décollé de la base aérienne de Whiteman, aux États-Unis, dans le cadre de l’« Opération Marteau de Minuit » et ont frappé les sites nucléaires du régime.
Depuis, Donald Trump a qualifié l’opération de réussie et affirmé que ces installations avaient été détruites.
Néanmoins, après l’attaque, Ali Khamenei, le guide suprême du régime iranien, a défendu la politique d’enrichissement d’uranium en Iran.
Le bâtiment du SPND est devenu inutilisable
L’institut a souligné que le nouveau siège du SPND ne s’est jamais effondré, mais qu’il a probablement subi de graves dommages internes, le rendant finalement inutilisable.
Se basant sur des images satellites de la société Ventour, l’institut a indiqué qu’entre le 19 août et le 23 octobre, l’Iran a procédé à la démolition du bâtiment : le toit et les étages supérieurs ont été enlevés, et d’importants amas de débris entourent la structure.
Selon le rapport, la durée de la démolition complète reste incertaine, mais il est évident que les autorités du régime iranien récupèrent le matériel restant dans le bâtiment, notamment trois unités de refroidissement qui n’apparaissent plus sur les images les plus récentes.
Le démantèlement du bâtiment principal du SPND fait suite à un rapport de l’institut, daté du 27 août, indiquant que le régime iranien s’employait également à effacer toute trace d’activité nucléaire sur le site de Lavizan.
Destruction d’une copie des archives nucléaires iraniennes
L’institut a rapporté que le bombardement a détruit une copie des archives nucléaires iraniennes, un ensemble de documents clés relatifs aux activités nucléaires. Ces documents contenaient des informations détaillées sur les travaux antérieurs de développement d’armes et probablement des données supplémentaires, plus récentes et cruciales, sur le développement, les essais et la production d’armes nucléaires.
L’institut a soulevé la question essentielle de l’existence d’autres copies de ces archives
L’institut a également indiqué dans son nouveau rapport que les principaux sites nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan ont été en grande partie détruits et qu’aucune activité significative n’y a été observée depuis la guerre.
L’institut a souligné que, contrairement aux sites d’enrichissement qui ont été attaqués, plusieurs sites liés à la militarisation nucléaire – comme le bâtiment principal du SPND – présentent d’importants signes d’efforts de décontamination.
Par ailleurs, le sort et l’état des stocks d’uranium enrichi – en particulier le stock enrichi à 60 % – demeurent inconnus, et le régime iranien refuse d’accorder à l’AIEA l’accès nécessaire à des vérifications.
Reconstituer les capacités détruites est difficile
L’institut a indiqué que, faute d’accès aux sites et d’informations actualisées en provenance d’Iran, l’AIEA a été contrainte de se fier à l’imagerie satellitaire, bien que celle-ci ne révèle qu’une partie de la réalité.

