Face à la forte hausse continue des cours de la monnaie et de l’or en Iran, le prix de chaque nouvelle pièce d’or, appelée « Emami », a frôlé le niveau record de 1,69 milliard de rials (environ 1 214 dollars), tandis que le dollar sur le marché libre dépassait les 1,44 million de rials.
Le dimanche 28 décembre, la livre sterling s’échangeait autour de 1,94 million de rials et l’euro à plus de 1,69 million de rials.
À titre de comparaison, le 27 décembre, le prix de chaque nouvelle pièce d’or était de 1,57 milliard de rials et celui du dollar de 1,37 million de rials.
Ces derniers mois, l’inflation galopante et la hausse des taux de change ont accentué les inquiétudes quant à la détérioration de la situation économique de l’Iran.
Cette tendance s’est intensifiée suite au rétablissement des sanctions des Nations Unies et à l’obstination des responsables du régime iranien à poursuivre le programme nucléaire.
Au cours de l’année écoulée, les prix des produits alimentaires en Iran ont augmenté en moyenne de plus de 66 %.
Le 26 décembre, Hossein Sammsami, membre de la commission économique du Parlement iranien, a déclaré que depuis le rétablissement des sanctions américaines contre le régime iranien en 2018, 93 % des devises étrangères perçues grâce aux exportations réalisées par des particuliers n’ont pas été rapatriées dans le pays.
Des citoyens protestent contre la hausse des prix de l’or et des devises.
Ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, des citoyens ont dénoncé l’inflation galopante et la baisse de leur pouvoir d’achat, les empêchant de se procurer des produits alimentaires de base. Ils tiennent le gouvernement iranien et Ali Khamenei personnellement pour principaux responsables de cette situation.
Alors que la gravité des crises financières et économiques en Iran ne cesse de s’aggraver, Massoud Pezeshkian, président du régime iranien, a présenté le projet de loi de finances 2026 au Parlement le 23 décembre.
Le projet du gouvernement d’augmenter les salaires de 20 % sans tenir compte de l’inflation galopante a suscité de vives réactions négatives.
Par ailleurs, la confrontation du régime iranien avec l’Occident et la politique étrangère menée par Ali Khamenei, guide suprême du régime, au cours des trente dernières années au moins, ont lourdement pesé sur les citoyens, les sanctions paralysant une part importante de l’économie du pays.
Néanmoins, Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a reconnu le 26 décembre l’impact des sanctions sur le désordre économique du pays, mais a présenté ces conditions comme un facteur d’« indépendance » et de « maturité » des industries de la défense et des missiles, déclarant : « Les sanctions nous ont contraints à nous éloigner d’une économie mono-axiale basée sur le pétrole. »
Araghchi avait également déclaré lors d’une réunion d’acteurs économiques le 25 décembre : « Nous devons accepter l’existence des sanctions et admettre qu’il est possible de vivre avec elles… Je sais parfaitement ce que signifient les sanctions et quels sont leurs coûts. J’en connais les problèmes, mais aussi les avantages.»
Ses propos sur les « avantages » des sanctions internationales ont suscité de vives réactions ces derniers jours.

