Des milliers d’Iraniens et de sympathisants de la Résistance iranienne se sont réunis samedi à Berlin lors d’un grand rassemblement. Organisé pour exprimer leur solidarité avec les manifestations en cours en Iran et appeler à une plus grande attention internationale sur la situation des droits humains et l’évolution de la situation politique dans le pays, cet événement, qui s’est tenu dans la capitale allemande, a rassemblé des membres des communautés iraniennes de toute l’Europe. Il coïncidait avec l’anniversaire de la révolution antimonarchique de 1979 et a placé le rassemblement sous le signe de l’opposition à la dictature et de la revendication d’un avenir démocratique déterminé par le peuple iranien.
Peter Altmaier at #BerlinFreeIranDemo: "45 years ago, the hopes of the Iranian people were betrayed when the Shah fell but the Mullahs took power. Today, we stand for a true democracy. No return to the past, only forward to a free Iran that enjoys respect throughout the world."…
— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) February 7, 2026
Les participants ont envahi le centre-ville, brandissant des banderoles et des pancartes réclamant la liberté, justice pour les victimes de la répression et que les responsables des violations des droits humains rendent des comptes. Ce rassemblement s’inscrivait dans un mouvement de mobilisation plus large de la diaspora, visant à amplifier la voix des manifestants iraniens, dont les protestations, ces dernières années, réclament de plus en plus un changement politique systémique plutôt que de simples réformes.
Grande marche en soutien au soulèvement pour une république démocratique en Iran
Le soulèvement de janvier a montré comment une tyrannie surarmée peut être renversée. Lors de ce soulèvement, tout le monde a pu constater comment les unités de résistance et la culture du combat… pic.twitter.com/23JDPttRKR— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) February 7, 2026
Mme Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a déclaré dans son discours que ce rassemblement témoignait de la poursuite de ce qu’elle a qualifié de soulèvement national, présentant les récentes manifestations comme un tournant dont l’écho s’est étendu bien au-delà des frontières iraniennes. Elle a décrit ce soulèvement comme un événement qui a « ébranlé l’Iran et le monde », rendant hommage aux victimes des manifestations et soulignant les sacrifices consentis par les manifestants.
Tout au long de son intervention, Mme Rajavi a inscrit la situation politique actuelle dans une trajectoire historique plus longue. Elle a évoqué à plusieurs reprises des décennies d’opposition au régime en place, appelant à la reconnaissance de ce qu’elle a décrit comme un mouvement de résistance de 44 ans visant à renverser le pouvoir clérical. Dans ce contexte, elle a rendu hommage aux familles des victimes des affrontements passés et récents, mettant en lumière les témoignages de parents endeuillés qui, a-t-elle affirmé, ont transformé leur deuil en une détermination politique inébranlable.
Le discours a également évoqué des figures de l’opposition iranienne, notamment Ashraf Rajavi et Moussa Khiabani, dont les paroles ont été citées comme expressions de persévérance et d’espoir durant les périodes de répression. Ces références ont inscrit les événements actuels dans une perspective de continuité, reliant les manifestations actuelles aux phases antérieures de la lutte politique.
Mme Rajavi a décrit le soulèvement de janvier comme ayant « trois camps » : les manifestants en quête de liberté, les autorités au pouvoir qui ont répondu par la force, et ce qu’elle a qualifié d’éléments monarchistes cherchant à s’approprier le résultat du mouvement. Elle a critiqué les slogans soutenant l’ancienne monarchie, arguant que de telles divisions affaiblissaient l’unité des protestations et profitaient au pouvoir en place. Ses remarques faisaient écho à un thème récurrent de rejet de la monarchie et du système clérical actuel, résumé par le slogan « Non au Shah, non aux mollahs ».
Au-delà des tensions politiques immédiates, Mme Rajavi a esquissé les éléments d’un futur cadre politique qui, selon elle, pourrait suivre une alternance politique. Elle a décrit sa vision d’une république démocratique caractérisée par la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des droits pour les femmes et la reconnaissance des droits des diverses communautés ethniques d’Iran, notamment les Kurdes, les Baloutches, les Turkmènes et les Arabes. Elle a également évoqué un processus de transition prévoyant l’élaboration d’une nouvelle constitution par une assemblée constituante élue dans les six mois suivant la chute du régime actuel.
@SecRubio https://t.co/msRnP1Y2VT
— Dorien Rookmaker (@RookmakerDorien) February 7, 2026
Outre son discours adressé à la diaspora iranienne, Mme Rajavi a également interpellé les décideurs politiques internationaux. Elle a appelé les gouvernements à prendre des mesures concrètes répondant aux revendications des manifestants, notamment l’arrêt des exécutions de détenus liés aux manifestations, le soutien à un accès libre à Internet et la traduction en justice des responsables iraniens accusés de crimes contre l’humanité. Elle a également insisté sur la nécessité de fermer les ambassades iraniennes et d’expulser les personnes liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et aux services de renseignement, ainsi que d’exercer une pression économique et politique plus large sur le pouvoir en place.
Ce rassemblement à Berlin s’est déroulé dans un contexte de débats politiques persistants au sein des communautés iraniennes de l’étranger concernant l’orientation des mouvements d’opposition et la nature des alternatives possibles au système actuel. L’accent mis par le rassemblement sur la résistance organisée, l’unité des forces d’opposition et l’engagement international reflétait les efforts continus des groupes de la diaspora pour influencer la perception mondiale des événements en Iran.
À Berlin, 10.000 manifestants se sont réunis pour réclamer la chute du régime iranien pic.twitter.com/xxT7IeF8Qs
— BFM (@BFMTV) February 7, 2026
Une fois les discours terminés et les participants dispersés, le rassemblement a laissé
derrière lui une manifestation tangible de l’activisme de la diaspora iranienne, centrée sur l’avenir politique du pays. Malgré des divergences d’opinions persistantes au sein des courants d’opposition iraniens, l’événement berlinois a illustré la mobilisation continue des communautés hors d’Iran, qui cherchent à influencer le discours international sur l’évolution de la situation intérieure du pays.

