Cette année, à Abdanan, ville de la province d’Ilam, dans l’ouest de l’Iran, avant même que les cloches de l’école ne sonnent, la « première leçon » a été donnée : non pas par la répétition des manuels scolaires, mais dans la rue, portée par l’unité, l’honneur, la force et la persévérance collective.
Le samedi 21 février, un enseignant réputé d’Abdanan a été arrêté sans mandat et transféré dans un lieu tenu secret. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre et a rapidement déclenché une vague de protestations. Dans un premier temps, les citoyens se sont rassemblés pacifiquement devant les institutions gouvernementales et sécuritaires du régime, exigeant sa libération, mais les agents de la sécurité iranienne l’ont arrêté.
L’atmosphère était tendue dans la ville, mais unie ; la population, solidaire et déterminée, n’a pas cédé face aux promesses et aux menaces du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Lors du rassemblement de protestation, la population s’est dressée contre l’important dispositif sécuritaire et, scandant « Mort à Khamenei » et « Mort au dictateur », a exprimé sa colère face à la répression et aux arrestations.
Le lendemain, le 22 février, la nouvelle est tombée : l’enseignant arrêté et enlevé avait été libéré. En quelques heures, les rues d’Abdanan ont vibré au rythme des célébrations. La population s’est rassemblée pour affirmer que cette victoire était le fruit de l’unité, de la persévérance et de la résistance collective.
Selon des sources locales, le procureur, revenant sur ses déclarations initiales, avait posé comme condition à la libération de l’enseignant emprisonné l’interdiction d’un accueil public. Cependant, les habitants d’Abdanan ont rejeté cette condition et, par leur forte mobilisation, ont démontré que la liberté d’un enseignant est un droit fondamental de la société, et non une concession négociable.
Ce qui s’est passé à Abdanan n’était pas simplement l’arrestation et la libération d’un individu ; c’était une démonstration de la force de la société et le fruit de la résistance, de l’unité et d’une véritable solidarité sociale. Une ville qui a remporté la victoire grâce à la solidarité a démontré que le véritable capital de toute société réside dans ses liens et sa persévérance face à toutes les formes de despotisme, de manipulation et de dictature.

