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Le régime iranien monte des dossiers de toutes pièces contre les enseignants en raison de leur résistance à l’autoritarisme

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La campagne de répression menée par le régime iranien contre les enseignants s’est poursuivie après les manifestations de janvier 2026. Par le biais d’arrestations, d’emprisonnements et de lourdes peines judiciaires, le régime a pris pour cible les militants syndicaux du corps enseignant. Selon des rapports récents, au moins 60 enseignants ont fait l’objet de poursuites judiciaires à ce jour.

Les manifestations de janvier 2026, déclenchées par la dégradation des conditions de vie et les revendications professionnelles des enseignants, ont rapidement dépassé le cadre des seules doléances économiques. Les enseignants et les militants issus d’associations professionnelles d’enseignants ont joué un rôle actif dans ces rassemblements. Une fois le mouvement retombé, les institutions sécuritaires et judiciaires du régime iranien ont engagé des poursuites contre ces militants.

Nouveaux chiffres sur les arrestations et les poursuites visant les enseignants
Dans un rapport récent, le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI) a indiqué qu’entre les manifestations nationales de janvier 2026 et le 28 juillet, au moins 60 enseignants et militants syndicaux ont été arrêtés, emprisonnés ou ont fait l’objet de décisions de justice. L’organisation de défense des droits humains a souligné que ce chiffre représente le nombre total d’individus arrêtés, poursuivis ou emprisonnés, et ne doit pas être interprété comme reflétant la population carcérale actuelle.

Le nombre réel d’enseignants arrêtés est probablement supérieur au chiffre rapporté. Selon ces rapports, de nombreuses arrestations ont eu lieu pendant les manifestations ou dans les semaines et mois qui ont suivi leur apaisement.

Le rapport met notamment en lumière l’ampleur de la répression dans les villes de moindre importance. Une source bien informée à Arak a indiqué qu’un nombre important d’enseignants y avaient été arrêtés, mais que seuls quelques noms avaient été rendus publics.

Arrestations arbitraires, isolement carcéral et privation d’assistance juridique
Selon le Centre pour les droits de l’homme en Iran, de nombreux enseignants détenus ont été maintenus en détention arbitraire et à l’isolement pendant de longues périodes. Ils ont été privés d’accès à un avocat, de communication avec l’extérieur et de soins médicaux. Cela démontre que la pression exercée sur eux allait bien au-delà de la simple arrestation.

D’après *Akhbar-e Rooz*, un site d’information indépendant en langue persane, plusieurs enseignants ont été poursuivis sur la base d’accusations vagues liées à la sécurité nationale, telles que « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et « propagande contre le régime ». Certains ont également été condamnés à de lourdes peines de prison, à des coups de fouet, à l’exil intérieur, à des interdictions de voyager et à la privation de droits sociaux.

Le Conseil de coordination des associations syndicales d’enseignants iraniens a également condamné ces décisions judiciaires le 28 juillet 2026. L’organisation a appelé à mettre fin aux dossiers montés de toutes pièces, à l’annulation des condamnations et au respect des droits légaux des enseignants. Un rapport hebdomadaire de *Zamaneh Tribune*, un média d’information en persan, a également fait état de la poursuite du prononcé de lourdes peines de prison et d’exil intérieur à l’encontre de manifestants et de militants syndicaux ayant participé aux protestations de janvier.

Selon ce rapport hebdomadaire, qui couvre la période du 25 au 31 juillet, l’appareil judiciaire du régime iranien a exercé des pressions psychologiques sur les prisonniers — notamment par des délais judiciaires prolongés et le refus de soins médicaux — tout en appliquant des peines de flagellation et d’exécution. Cette situation a engendré un climat généralisé de peur et d’angoisse parmi les familles des prisonniers, y compris celles des enseignants détenus.

Cas spécifiques de condamnations et d’exil intérieur d’enseignants manifestants
Parmi les cas récents, Arya Norani, enseignant dans la province du Khorasan du Nord, a été condamné à 14 mois de prison. Azadeh Saleki, enseignante dans la ville de Khaf, a écopé d’une peine de cinq ans de prison. Ahmad Alizadeh, enseignant à la retraite à Abdanan, a été condamné à deux ans de prison, assortis d’une interdiction de voyager d’un an, du retrait de son passeport et de 1 080 heures de travaux d’intérêt général non rémunérés. Ces peines sévères ne représentent qu’une fraction des nombreux cas signalés dans différentes provinces.

Le rapport indique également que Jan-Mohammad Ahmadi, responsable de l’association syndicale des enseignants de Nurabad Mamasani, a récemment été arrêté par les forces de sécurité. Ces cas démontrent que la pression judiciaire exercée sur les militants syndicaux ne se limite pas à une seule province ou ville, mais s’étend à l’ensemble du pays.

Un autre exemple est celui d’Iraj Toubihaei Najafabadi, militant syndical et membre de l’association syndicale des enseignants de Najafabad. Après avoir purgé une peine de deux ans et un mois de prison, il a été transféré le dimanche 19 juillet dans un village du comté de Nehbandan, dans la province du Khorasan du Sud, pour y purger une peine d’exil intérieur.

Une campagne organisée contre les enseignants

Dans leur ensemble, ces rapports indiquent qu’à la suite des manifestations de janvier 2026, le régime iranien a lancé une campagne vaste et organisée visant à réprimer les enseignants et les militants syndicaux. Détentions arbitraires, isolement carcéral, privation d’accès à un avocat et à des soins médicaux, ainsi que peines de prison, flagellations et exil intérieur : autant de mesures qui ont été simultanément appliquées à ce groupe.

Le régime iranien monte des dossiers de toutes pièces contre les enseignants en raison de leur résistance à l'autoritarismeLes quelque 60 enseignants arrêtés ou condamnés ne représentent qu’une partie d’une réalité bien plus vaste qui, selon les organisations de défense des droits humains, dépasse probablement largement les chiffres officiellement rapportés.

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