L’approvisionnement en médicaments en Iran a pris l’ampleur d’une crise nationale. De nombreux rapports indiquent que les pénuries et la hausse du prix des médicaments ont eu un impact considérable sur la vie sociale et familiale. L’Association des pharmaciens et la Commission de la santé du régime iranien ont signalé : « Le pays fait face à une pénurie d’environ 400 à 1 000 médicaments. »
Comme toutes les crises politiques et sociales en Iran, cette situation trouve son origine dans la gestion du secteur pharmaceutique et des soins de santé, ainsi que dans les priorités du gouvernement en matière d’allocation budgétaire et de devises étrangères.
Un extrait du rapport précise : « La gestion du marché du médicament a manqué de stabilité ces dernières années. Chaque semaine, de nouveaux médicaments s’ajoutent à la liste des produits en pénurie. Ce problème ne date pas d’aujourd’hui ni de la période récente marquée par un contexte de guerre ; l’industrie pharmaceutique y est confrontée depuis des années. Pour l’année 2025, environ 3,5 milliards de dollars devaient être alloués aux médicaments et aux équipements médicaux, mais à la fin de l’année, moins de 50 % de ce budget avait été effectivement débloqué. Lors de l’allocation des devises, le gouvernement devrait donner la priorité aux médicaments, en particulier aux traitements psychiatriques. »
Évoquant la dégradation de l’industrie pharmaceutique iranienne, le rapport ajoute : « L’industrie pharmaceutique iranienne est un secteur ancien et quelque peu vétuste qui, aujourd’hui plus que jamais, a besoin d’être reconstruit et modernisé. Nous espérons que l’expérience des guerres et des crises récentes incitera les responsables à revoir leurs politiques dans ce domaine. »
Les patients iraniens confrontés à une flambée du coût des médicaments : les prix augmentent de 300 % #IranEconomyhttps://t.co/H8RJUWkB2A
— Iran Focus (@Iran_Focus) August 21, 2026
L’industrie pharmaceutique souffre depuis longtemps d’un manque de liquidités
« Le problème majeur concernant l’approvisionnement en médicaments réside dans le manque de liquidités du secteur. L’industrie pharmaceutique détient actuellement pour 2 000 billions de rials (environ 1 milliard de dollars) de créances impayées auprès du gouvernement, des établissements de santé et du secteur privé. Le délai de six mois dans le transfert des devises étrangères est la cause des pénuries de médicaments observées ce printemps. »
Il y a quelques jours, le président du régime iranien, Masoud Pezeshkian, a décerné un prix et une prime de service au gouverneur de la Banque centrale, alors même que cette dernière s’est montrée incapable de fournir les devises nécessaires à l’achat de médicaments. Concernant l’allocation de devises étrangères, le rapport indique : « Ces derniers mois, l’octroi de devises pour les médicaments s’est heurté à des difficultés de la part de la Banque centrale et du Centre iranien d’échange d’or et de devises, ce qui a fini par affecter la distribution sur le marché et l’accès des patients aux traitements… Les prix des médicaments ont augmenté de 68 % en moyenne, tandis que ceux ayant perdu leur éligibilité au taux de change préférentiel ont subi des hausses allant de 0 à 200 %, voire jusqu’à quadrupler. »
Contrairement au gouvernement et à l’appareil de propagande du régime iranien, qui présentent constamment ses réalisations en termes exagérés et propagandistes, ce rapport identifie l’absence de politique adéquate comme la cause principale de la crise du médicament : « Le déclin progressif de l’industrie pharmaceutique trouve son origine dans le déficit de liquidités. Le ministère de la Santé est-il responsable de la production ou simple spectateur de la crise ? Bien que les responsables du ministère évoquent une poursuite de la production en temps de guerre, les réalités du terrain témoignent d’une crise structurelle. »

