Leila Abolhasani, citoyenne de 43 ans et mère de deux filles adolescentes, figure parmi les personnes arrêtées lors des manifestations de janvier à Shahin Shahr, dans la province d’Ispahan.
Elle a été arrêtée dans la soirée du 8 janvier, alors qu’elle participait aux manifestations. Les forces de sécurité l’ont ensuite transférée à la prison de Dowlatabad, à Ispahan.
Selon les informations publiées, Leila se trouvait sur les lieux lorsqu’un incendie s’est déclaré dans l’un des magasins de la chaîne Ofogh Kourosh, gérée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Ses proches affirment qu’elle filmait l’incendie et nient toute implication de sa part dans le déclenchement du feu.
🚨 Condamnée à mort pour avoir filmé un supermarché en feu, pas pour l'avoir incendié
Leila Abolhassani, 43 ans est mère de deux adolescentes
La situation de 5 femmes détenues à suivre sur notre article pic.twitter.com/oprHGZ3IbR
— CNRI Femmes (@CNRIfemmes) September 1, 2026
Toutefois, la 5e chambre du Tribunal révolutionnaire d’Ispahan, présidée par le juge Vahid Hemmat-Nejad, a condamné Leila Abolhasani à mort pour le chef d’accusation de « guerre contre Dieu » (*moharebeh*). À la suite d’un appel interjeté contre ce verdict, l’affaire est désormais examinée par la Cour suprême du régime.
Du point de vue des droits humains, l’enjeu central de cette affaire ne réside pas uniquement dans le prononcé de la peine capitale. La manière dont le dossier a été traité et la possibilité pour l’accusée de bénéficier d’une défense efficace revêtent également une importance capitale. Selon des rapports de l’organisation *Human Rights Activists in Iran*, Mme Abolhasani s’est vu refuser le droit de choisir son propre avocat au cours de la procédure.
Une part importante des informations publiées concernant l’accusation selon laquelle Leila aurait participé à l’incendie du magasin a été contestée par ses proches. Par ailleurs, le texte intégral des éléments de preuve judiciaires invoqués par le tribunal n’a pas été rendu public.
Le cas de Leila Abolhasani illustre de manière alarmante le lien entre la répression des manifestations, les accusations graves liées à la sécurité nationale et la peine de mort. Lorsque la vie d’une personne est en jeu, les exigences en matière de transparence judiciaire, d’accès à un avocat et d’étayage clair des accusations doivent être respectées avec la plus grande rigueur.

