Le taux de change du dollar américain sur le marché libre iranien a franchi la barre des 2,8 millions de rials, alors que le taux officiel se maintient autour de 1,6 million de rials, créant un écart considérable entre les deux. Cette flambée résulte de la politique belliqueuse persistante du régime iranien, du maintien des sanctions, du blocus maritime, des restrictions sur les exportations de pétrole, des tensions géopolitiques, de la baisse des recettes en devises étrangères et d’une forte inflation. Les conséquences de la hausse du dollar — telles que l’augmentation du prix de l’essence — ont un effet en cascade sur tous les aspects économiques, sociaux et sécuritaires de la société.
La flambée du dollar entraîne une hausse rapide des coûts de production, en particulier dans les secteurs dépendants des importations comme l’automobile, l’électroménager, l’industrie pharmaceutique, ainsi que les industries chimique et agroalimentaire ; cette forte augmentation des coûts accentue la cherté de la vie.
Chute brutale de la valeur du rial iranien face au dollar américain
Les unités de production ayant un accès limité aux devises étrangères à taux préférentiel ou fournies par l’État font face à une hausse des coûts et à une baisse de leurs bénéfices. En conséquence, de nombreuses chaînes de production cessent effectivement de fonctionner, augmentant ainsi le nombre de chômeurs.
L’instabilité monétaire freine ou retarde les investissements. Les entreprises préfèrent convertir leurs liquidités en valeurs refuges — telles que l’or, les devises étrangères et l’immobilier — plutôt que de s’engager dans un cycle d’investissement ; par conséquent, aucun emploi n’est créé.
Les produits de première nécessité, les médicaments, les appareils électroniques, les automobiles et de nombreux biens de consommation dépendants des devises étrangères parviennent à la population au taux de 2,8 millions de rials pour un dollar, le tout sur fond de corruption et de détournements endémiques au sein du régime.
La population privilégie les achats de précaution et s’abstient de dépenser son argent sur le marché, préférant le convertir en or et en biens durables. Il en résulte une récession et un blocage des échanges commerciaux.
La fixation des prix en fonction du taux flottant du marché libre contraint les vendeurs à suspendre leurs ventes : les marchandises vendues le matin pourraient devoir être renouvelées le soir même à un prix plusieurs fois supérieur. Ils préfèrent donc fermer boutique et conserver leurs stocks actuels.
Les marchés de l’or, des pièces de monnaie, de l’immobilier et de l’automobile connaissent généralement une hausse parallèle ou plus rapide que celle du dollar, devenant ainsi des valeurs refuges pour les capitaux. Cela détourne des liquidités de l’économie réelle.
La prolifération de la contrebande et de la recherche de rente
L’écart entre le taux officiel et le taux du marché libre attise la recherche de rente, la corruption et la contrebande de marchandises.
Les fonctionnaires et les personnes à revenu fixe, en particulier les retraités, subissent de lourdes pertes sur leurs salaires et voient la valeur de leur travail ainsi que leur pouvoir d’achat s’éroder. En d’autres termes, la valeur réelle d’un même salaire mensuel fixe chute soudainement et de manière significative. Ce sont les classes moyennes et défavorisées qui souffrent le plus ; les dépenses liées à l’alimentation, au logement et aux soins de santé représentant une part plus importante de leurs revenus, il en résulte une forte augmentation de la pauvreté et des inégalités.
La Banque centrale du régime iranien a annoncé qu’elle injecterait 2 milliards de dollars de devises étrangères sur le marché. Toutefois, en raison de la corruption et de l’implication de bureaux de change liés au régime lui-même, ces fonds ont également alimenté les circuits de corruption étatique. Par conséquent, cette mesure n’a eu aucun effet sur la baisse du taux de change du dollar et, dans les faits, n’a permis de réduire le prix du dollar que très légèrement et pour une seule journée.

