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Inculpé, le patron de Total interdit de contact avec l’ex-président iranien

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AFP, Paris, 23 mars – Le patron du géant français Total, inculpé pour « corruption » dans une affaire liée à un contrat gazier avec l’Iran, continue d’assurer ses fonctions à la tête du géant pétrolier mais a l’interdiction de rencontrer l’ex-président iranien Ali Akbar Hachémi Rafsandjani et son fils.

Christophe de Margerie est soupçonné d’avoir versé des commissions occultes à hauteur de 60 millions d’euros pour obtenir un contrat conclu en 1997 avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour l’exploitation d’une partie du gisement de gaz en mer de South-Pars (dans le Golfe).

Selon un cadre de Total auditionné par la justice française, le secrétaire du fils Rafsandjani aurait servi d’intermédiaire pour ce contrat.

La somme aurait été versée entre 1996 et 2003 par Total -premier groupe français en termes de capitalisation boursière et 4e groupe pétrolier mondial- sur deux comptes en Suisse au nom d’une société de consultants.

Une partie des fonds, 9,5 millions d’euros, a été bloquée par les autorités helvétiques.

Mis en examen (inculpé) jeudi soir pour « corruption d’agents publics étrangers et abus de biens sociaux » et placé sous contrôle judiciaire, M. de Margerie, 55 ans, a été laissé en liberté et peut continuer à exercer ses fonctions.

Mais il a interdiction de rencontrer l’ex-président iranien (1989-1997) ainsi que son fils Mehdi Hachémi Rafsandjani, ainsi que plusieurs autres personnalités iraniennes, selon une source judiciaire.

Le fils de l’ex-président iranien aurait été au centre d’un système de corruption, selon une enquête norvégienne sur la compagnie nationale pétrolière Statoil.

Le juge Philippe Courroye, qui agit sur des éléments fournis par la justice suisse, soupçonne le directeur général de Total, à l’époque responsable de la région Moyen-Orient, d’avoir bénéficié de ce système.

Une convention de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont la France est signataire, interdit depuis 2000 « d’offrir, de promettre ou d’octroyer un avantage indu pécuniaire ou autre, directement ou par des intermédiaires, à un agent public étranger ».

Dans un communiqué, Total s’est dit « confiant dans le fait que la justice établira l’absence d’infraction » de son dirigeant.

Quatre autres cadres et anciens cadres dirigeants de Total, placés en garde à vue avec le directeur général du groupe mercredi – dont le directeur financier Robert Castaigne et le patron de la filière gaz Philippe Boisseau – ont été remis en liberté mercredi soir, sans poursuites.

C’est la deuxième mise en examen de Christophe de Margerie dans un dossier de corruption après celle effectuée en octobre, par le même magistrat, dans le dossier dit « pétrole contre nourriture » dans lequel il est soupçonné de complicité de corruption de fonctionnaires en Irak dans le but d’obtenir des barils de pétrole.

Selon le quotidien Libération, le contrat incriminé avec l’Iran aurait initialement été négocié par des sociétés américaines avant que la Maison Blanche n’y mette son veto. Total se serait ensuite engouffré dans la brèche avec l’aval des autorités françaises.

Selon un dirigeant du groupe cité par le journal, un système de caisse noire avait déjà servi en Irak, mais aussi occasionnellement en Tanzanie « pour rémunérer des décideurs qui ne pouvaient être que politiques ».

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