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Iran: Washington dans une logique dure, avec des moyens incertains

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AFP, Washington, 7 février – L’administration du président George W. Bush est engagée dans une logique d’appui actif à un « changement de régime » en Iran, mais les moyens pour y parvenir restent encore à définir et les risques sont importants, estiment des experts américains.
M. Bush et les principaux ténors de son gouvernement ont intensifié les attaques contre la république islamique, présentée comme un « poste avancé de la tyrannie » et le principal soutien au terrorisme international, sur la voie de se doter de l’arme atomique.
Bien que les dirigeants américains hésitent à utiliser la formule de « changement de régime » – très décriée sur la scène internationale – leurs déclarations ne laissent guère de place à l’ambiguïté, soulignent des experts.
« Il ne fait aucun doute que le président et ses plus proches conseillers pensent que la seule manière de régler la question nucléaire et celle du terrorisme, tout en améliorant le sort du peuple iranien, réside dans un changement de régime. La question est de savoir comment », résume George Perkovich, spécialiste de l’Iran à la fondation Carnegie.
M. Bush a clairement encouragé l’opposition au régime la semaine dernière, dans son discours sur l’état de l’Union, en lançant: « Au peuple iranien, je dis ce soir: vous qui voulez votre propre liberté, l’Amérique est à vos côtés ».
Les cercles proches des « faucons » de l’administration vendent l’idée que le régime serait vermoulu, et la tâche pas insurmontable. « Ce serait assez facile car plus de 70% de la population déteste ce régime », confirme Michael Ledeen, de l’American Enterprise Institute, un centre de réflexion proche des néo-conservateurs.
Les moyens pour y parvenir font l’objet de nombreuses spéculations.
M. Bush et son vice-président, Dick Cheney, n’ont pas récusé formellement une option militaire, principalement destinée à détruire les sites nucléaires iraniens mais qui pourrait aussi ébranler le régime. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a assuré qu’une attaque n’était « pas à l’ordre du jour en ce moment ».
Washington assure vouloir donner une chance à la médiation engagée par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne pour amener Téhéran à abandonner toute ambition nucléaire militaire, même si les Américains sont fortement sceptiques sur son succès.
Un groupe de membres de la Chambre des représentants (chambre basse du Congrès) a déposé une proposition de loi visant à intensifier le soutien politique et financier « aux forces pro-démocratie », en particulier les radios et chaînes de télévision d’opposition.
Le Committee on the Present Danger, un groupe comprenant des personnalités comme l’ex-secrétaire d’Etat républicain George Shultz ou l’ancien postulant démocrate à la présidence Joseph Lieberman, a présenté un document prônant une approche « pacifique mais ferme », visant notamment à envoyer des signaux conciliants à la population et isoler les durs du régime.
Ce document signale toutefois que d’autres, dans les cercles politiques américains, veulent « tenter d’abattre ce régime par l’isolement, la fourniture d’armes à la résistance et le cas échéant une invasion comme en Irak ».
Les chances de voir ces diverses stratégies régler le problème crucial du programme nucléaire iranien sont toutefois aléatoires, estiment certains.
« Ces menaces pourraient encourager les Iraniens à se protéger en se dotant d’une dissuasion nucléaire » le plus vite possible, estime George Perkovich.
David Kay, l’ancien chef des inspecteurs américains chargés en vain de retrouver les armes de destruction massive de Saddam Hussein en Irak, a lui aussi lancé une mise en garde lundi dans une tribune publiée par le Washington Post. « La rhétorique survoltée d’hommes politiques et de hauts responsables gouvernementaux, non corroborée par des preuves reconnues par la communauté internationale, sape la capacité des Etats-Unis à faire cesser les activités nucléaires de l’Iran », estime-t-il.

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