Un jour après que le Conseil de sécurité des Nations Unies ait rejeté une résolution visant à empêcher le rétablissement des sanctions contre l’Iran, la bourse de Téhéran a chuté de plus de 50 000 points, tandis que le dollar américain et d’autres devises étrangères ont fortement augmenté sur le marché parallèle.
La résolution, proposée par la Corée du Sud, alors présidente tournante du Conseil de sécurité, a été rejetée vendredi par neuf voix contre. Ce rejet ouvre la voie à l’activation du mécanisme de rétablissement automatique des sanctions de l’ONU contre l’Iran.
Le samedi 20 septembre, les médias iraniens ont rapporté le « choc considérable » que représente pour les marchés financiers iraniens l’approche imminente du rétablissement des sanctions.
Selon ces sources, lors de la première séance de bourse après le rejet de la résolution, le principal indice de la bourse de Téhéran a chuté de 50 666 points, à 2 542 000.
L’indice pondéré a également reculé de 8 891 points, à 781 000. Samedi, les particuliers ont retiré 13 480 milliards de rials du marché boursier.
Le quotidien étatique Etemad a cité des experts qui préviennent que si cette tendance se poursuit et que le mécanisme de rétablissement des sanctions est activé, le principal indice pourrait chuter à 2 000 000.
Samedi midi, le prix du dollar américain sur le marché parallèle iranien a dépassé 1 030 000 rials
Certains sites web spécialisés affichaient même 1 034 500 rials pour un dollar.
Le prix de l’euro a également dépassé 1 210 000 rials samedi.
Plus tôt dans la journée, l’agence de presse étatique ISNA a cité le président de l’Union des orfèvres et bijoutiers de Téhéran, qui a déclaré qu’il y avait eu une « hausse significative des prix » sur le marché de l’or et des pièces de monnaie. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, les pays européens signataires du JCPOA qui ont activé le mécanisme de rétorsion, ont averti Téhéran que le temps presse pour trouver une solution diplomatique avant la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue la semaine prochaine.
En réaction au rejet de la résolution sur la levée des sanctions, vendredi, et au rôle joué par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, le ministère des Affaires étrangères iranien a déclaré que « la responsabilité de cette action, si elle conduit au rétablissement des résolutions du Conseil de sécurité contre l’Iran, incombe aux États-Unis et aux trois pays européens ».
Par ailleurs, le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies a annoncé que le président iranien, Masoud Pezeshkian, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, rencontreront des représentants européens à New York la semaine prochaine.
Amir Saeed Iravani, ambassadeur de l’Iran auprès des Nations Unies, a déclaré aux journalistes vendredi soir, après la séance du Conseil de sécurité sur le prolongement des sanctions contre l’Iran, que ces rencontres auraient lieu lors de la visite de hauts responsables iraniens à New York.
Si aucun accord n’est trouvé entre l’Iran et les pays occidentaux dans les prochains jours, toutes les sanctions de l’ONU seront rétablies le 27 septembre.

