Reuters a rapporté que les rabais accordés par l’Iran sur le pétrole à la Chine ont atteint leur plus haut niveau depuis plus d’un an. Face au renforcement des sanctions américaines, britanniques et européennes contre la Russie et l’Iran, les acheteurs chinois indépendants, confrontés à une pénurie de quotas d’importation de pétrole brut, ont réduit leurs achats.
Ces dernières semaines, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont imposé une nouvelle série de restrictions commerciales aux principaux producteurs de pétrole russes et à d’autres acteurs du secteur afin de faire pression sur le président russe Vladimir Poutine pour qu’il mette fin à la guerre en Ukraine.
Ces sanctions ont contraint certains acheteurs chinois et indiens – deux des principaux clients de la Russie en matière de pétrole – à suspendre leurs achats, entraînant une forte baisse des prix du pétrole russe et une accumulation d’invendus russes sur un marché déjà saturé de pétrole iranien.
Reuters avait précédemment rapporté, le 17 septembre, citant six sources commerciales, que le régime iranien accordait des rabais plus importants aux petites raffineries chinoises.
Selon ce rapport, les stocks de pétrole iranien en Chine ont atteint un niveau record. Dans le même temps, le durcissement des quotas d’importation en fin d’année a incité le régime iranien à vendre son pétrole aux enchères à des prix encore plus bas.
Perturbations du transport maritime et inquiétudes croissantes
Ces nouvelles mesures s’ajoutent aux sanctions américaines déjà imposées à des entreprises accusées de participer au commerce du pétrole iranien. Quatre raffineries chinoises, ainsi que plusieurs ports et navires associés, figurent parmi les cibles.
Selon des négociants, l’effet combiné de ces sanctions a perturbé le transport maritime et accru les craintes des acheteurs quant à une possible violation des sanctions.
Un négociant basé en Chine a déclaré à Reuters : « L’offre est excessive et le marché manque de direction claire.»
D’après les données de marché, le pétrole brut léger iranien pour livraison en décembre est actuellement proposé à plus de 8 dollars le baril en dessous du Brent, référence internationale, contre environ 6 dollars en septembre et 3 dollars en mars. Parallèlement, les offres ont chuté à environ 10 dollars en dessous du Brent, les acheteurs exigeant des prix plus bas pour compenser les risques liés aux sanctions et les éventuels problèmes de déchargement dans les ports chinois.
Les données du cabinet d’analyse Kpler montrent que les exportations de pétrole iranien, qui représentent environ 14 % des importations totales de brut de la Chine, ont chuté à 1,2 million de barils par jour en septembre, leur niveau le plus bas depuis mai et inférieur à la moyenne annuelle de 1,38 million de barils par jour.
Le gouvernement chinois réglemente strictement les importations de pétrole brut par les raffineries indépendantes grâce à un système de quotas. Selon des sources de marché, la plupart des raffineries avaient quasiment épuisé leurs quotas pour 2025 fin septembre et attendent désormais que Pékin attribue de nouveaux quotas le mois prochain – une procédure qui, les années précédentes, intervenait généralement en novembre.
Lors de son récent voyage en Chine, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que des « accords satisfaisants » avaient été conclus avec la partie chinoise.

