Iran and its NeighboursIrakL’Iran vise les nationalistes irakiens

L’Iran vise les nationalistes irakiens

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Iran Focus, Londres, 14 octobre – Un éminent politicien irakien a été abattu avec 10 de ses assistants jeudi dans une station de télévision dans l’est de Bagdad par des hommes armés vêtus d’uniformes de la police.

Les tueurs ont attaqué les bureaux de la chaîne satellite Shaabiya à 7h00 heure locale et ont tué Abdul-Rahim Nasrallah, dirigeant du Parti national de la justice et du progrès (PNJP) et président du directoire de la chaîne, a déclaré Hassan Kamil, le directeur exécutif d’Al Shaabiya.

La chaîne télévisée qui venait à peine de s’installer et qui appartenait au PNJP, venait juste de commencer ses tests de diffusion.

Kamil a dit que les tueurs masqués en uniforme de la police étaient arrivés au siège de Shaabiya dans le quartier Zayouna de Bagdad à bord de sept véhicules et qu’ils avaient tué les gardes de sécurité et le personnel dont la plupart encore endormis dans leurs lits.

Deux des victimes auraient survécu à l’attaque, bien qu’une soit grièvement blessée.

Le PNJP est un parti séculaire qui s’est beaucoup exprimé contre l’ingérence iranienne en Irak.

Son dirigeant Nasrallah avait récemment été interviewé par une chaîne satellite de l’opposition où il avait condamné le soutien iranien à la violence sectaire et défendu la présence du principal groupe opposition, les Moudjahidine Khalq (MeK ou OMPI), en Irak.

Plusieurs milliers de membres de l’OMPI sont basés en Irak depuis une vingtaine d’années. Les femmes y jouent un rôle de premier plan à la direction et la secrétaire générale du groupe, Sedigheh Hosseini, a fait ses études en Grande-Bretagne.

En juin, les médias irakiens ont rapporté que 5,2 millions d’Irakiens avaient signé une déclaration de soutien à la présence du groupe en Irak.

Il existe un plan d’attentats terroristes contre d’éminentes personnalités politiques irakiennes ayant pris position contre l’ingérence iranienne dans les affaires internes de l’Irak.

Mardi, une bombe à retardement a tué un haut dignitaire religieux chi’ite vigoureusement opposé à l’influence de l’Iran dans le sud de l’Irak.

L’OMPI a accusé Téhéran d’avoir envoyé ses agents en Irak pour y mener une attaque terroriste contre l’ayatollah Mohammad Moussavi Qassemi, secrétaire général du Parti de l’unité islamique en Irak.

La bombe a explosé lorsque l’ayatollah Qassemi entrait dans son bureau dans la ville de Hillé.

L’ayatollah Qassemi faisait partie d’un nombre considérable de personnalités irakiennes qui ont signé une déclaration annonçant leur soutien à la présence de l’OMPI en Irak.

Le 25 août, le Parti de l’unité islamique en Irak avait déclaré dans un communiqué que “tant que le régime iranien interviendra en Irak de la manière la plus dégoûtante à travers ses milices, prélevant un tribut élevé du peuple irakien (…) se concentrer sur l’expulsion d’Irak de l’OMPI ne servira qu’à couvrir l’intervention du régime iranien en Irak et à dévier l’attention de l’opinion publique de questions plus importantes. L’OMPI est l’antithèse et une formidable barrière politique contre le terrorisme et l’intégrisme du régime iranien. C’est pourquoi elle est la cible n°1 des attaques politiques et de l’ennemi et de sa propagande négative.”

Lundi, des tueurs en uniformes de la police ont tué le frère du vice-président irakien, sunnite, Tareq al-Hachemi, dans le nord de Bagdad.

Amer al-Hashemi, général de l’armée irakienne, se trouvait chez lui à Sulaikh quand des tueurs sont entrés chez lui et l’ont assassiné, ont rapporté des agences de presse.

« Des hommes armés en uniformes de la police et dix véhicules de la police ont arrêtés ses gardes du corps puis sont entrés chez lui et l’ont tué », a indiqué une source de la police.

La soeur de Hashemi, Meysoun, et un autre de ses frères, Mahmoud, avaient été tués plus tôt dans l’année.

Le parti islamique de Tareq al-Hachemi, le plus important du principal bloc politique sunnite au parlement, a accusé Téhéran d’armer les milices chi’ites hors la loi qui ont largement noyauté le ministère de l’Intérieur.

Le 30 septembre, le gouverneur de la ville de Soleiman-bak dans le nord, Mohammad Qassem Ahmad al-Bayati, a été tué par des agresseurs inconnus. Soleiman-bak, près de la ville de Kirkuk, est situé dans la province de Saladin.

Al-Bayati faisait partie des 1163 chefs de tribus et cheikhs qui ont signé une déclaration affirmant le statut de réfugié politique des Moudjahidine en Irak. L’OMPI a accusé Téhéran d’avoir téléguidé son assassinat.

De même en septembre, le porte-parole de l’alliance Maram, Muhammad Shihab al-Dulaymi, a été abattu à Bagdad.

Maram est le sigle en arabe de la “Conférence rejetant la fraude électorale » (Mutamar Rafadi al-Intikhabat al-Muzawwara). L’Alliance est composée de 42 entités séculaires et sunnites comme le Front irakien de l’accord, le Front irakien du dialogue national et la Liste séculaire nationale irakienne qui est dirigée par l’ancien Premier ministre Ayad Allawi.

Plusieurs semaines avant son assassinat, al-Dulaymi était apparu sur la chaîne satellite de l’opposition iranienne Simaye-Azadi pour defendre les droits de l’OMPI au statut de réfugié politique en Irak.

Malgré une interdiction du gouvernement, deux milices chi’ites majeures armées opèrent en Irak : l’Armée du Mahdi du religieux chi’ite radical Moqtada Sadr et l’organisation Badr, qui est l’aile militaire du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRI). Les autorités irakiennes et américaines accusent régulièrement Téhéran de financer et d’armer les deux milices.

Le CSRI, aujourd’hui dirigé par Abdul Aziz al-Hakim, a été fondé à Téhéran en 1982. Il a été créé par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Le guide suprême actuel Ali Khamenei avait été chargé de rédiger les statuts du conseil.

Le chef du judiciaire, l’ayatollah Mahmoud Hachemi Chahroudi a été à la tête du groupe pendant des années après sa création, et Mohammed Baqer al-Hakim son porte-parole. Mohammed Baqer al-Hakim, frère aîné d’Abdul Aziz al-Hakim, a été tué par l’explosion d’une voiture piégée en août 2003 dans la ville sainte de Nadjaf.

Le groupe maintien des liens étroits avec Téhéran et soutient une plus grande présence iranienne en Irak.

De son côté, l’OMPI a ouvertement accusé Téhéran de mener systématiquement les attaques terroristes contre les forces démocratiques irakiennes. “En pleine crise, le régime iranien ne reculera devant aucun crime pour faire avancer ses objectifs funestes en Irak. C’est pourquoi, il commet des attaques inhumaines et terroristes sauvages contre les personnalités démocrates et nationalistes de ce pays, visant en particulier les religieux progressistes qui s’opposent à l’intégrisme », a déclaré Sedigheh Hosseini, la secrétaire générale de l’OMPI.

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