Iran and its NeighboursIrakL'arme fatale des rebelles chiites viendrait d'Iran

L’arme fatale des rebelles chiites viendrait d’Iran

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Le Figaro, 13 février – Par Arnaud de La Grange – Washington a exhibé des preuves de la fourniture d’explosifs sophistiqués aux extrémistes irakiens.

LA PLUS dangereuse, la plus « mortelle » des armes auxquelles sont confrontés les GI en Irak viendrait d’Iran. Plus de 170 soldats américains auraient été tués par ces engins, et 620 autres blessés. Selon l’armée américaine, « leur utilisation a considérablement augmenté ces six derniers mois ».

Après des semaines de polémique – de nombreuses voix estimant que l’Administration Bush n’avait guère de preuves en main -, dimanche, dans la « zone verte », le coeur sécurisé de Bagdad, des officiels américains ont présenté des engins explosifs made in Iran . Un point de presse « spécial », puisque les trois responsables américains qui l’animaient ont requis l’anonymat, ce qui en dit long sur la sensibilité du sujet.

La nouvelle « arme fatale » des rebelles irakiens est désignée par l’aride acronyme d’EFP (projectile à charge formée). Il s’agit en fait d’engins fonctionnant selon le principe de la charge creuse. À la différence d’un engin explosif simple, la charge est ici dirigée, canalisée, avec un cône métallique propulsé sur la cible. Le «dard » ainsi projeté peut percer d’épais blindages.

« C’est évidemment beaucoup plus sophistiqué qu’un simple IED (engin explosif improvisé), souvent un obus sur lequel on place une charge explosive, explique une source militaire, il faut donc des matériaux et un savoir-faire particuliers ». Les IED classiques sont déjà responsables de quelque 60 % des pertes américaines en Irak.

Le groupe al-Qods impliqué

Ce savoir-faire, pour Washington, vient sans nul doute de l’Iran. Les services américains assurent avoir les preuves – non présentées – de livraisons à des groupes chiites. Ils pointent du doigt la Force al-Qods des gardiens de la révolution iranienne. Ils fourniraient « conseils, entraînement et armes » aux rebelles et extrémistes. Les mêmes officiels, dimanche, ont révélé qu’un haut gradé en charge des opérations d’al-Qods a été arrêté en décembre chez le chef du Conseil suprême de la révolution islamique irakien, Abdel-Aziz Hakim, en possession d’une liste d’armes à livrer. « Ces activités sont commanditées au plus haut niveau du gouvernement iranien » ont-ils encore affirmé, le groupe al-Qods relevant directement du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. À l’appui de leurs dires, les militaires américains ont également présenté des photos de missiles sol-air Misagh-1 iranien, ainsi que d’obus de mortier où l’on pouvait distinguer la date de fabrication – fin 2006 -, excluant qu’il s’agisse d’armes remontant à la guerre Iran-Irak. « Difficile de savoir si tout vient d’Iran, commente la même source militaire, mais il est vrai que les EFP sont utilisés par des groupes chiites essentiellement, dans la région de Bagdad. Et que le Hezbollah libanais parrainé par l’Iran en a la maîtrise. »

Londres est venu hier appuyer les assertions américaines en parlant « d’armes qui ne peuvent venir d’autre part que d’Iran. Téhéran a réagi en déclarant que ces accusations étaient « sans fondement ». Elles viennent en tout cas opportunément nourrir le dossier à charge que les États-Unis instruisent contre l’Iran.

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