Iran and its NeighboursIrakLes gesticulations iraniennes perturbent la Ligue arabe

Les gesticulations iraniennes perturbent la Ligue arabe

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Le Figaro, 29 mars – Par Pierre Prier – Le bras de fer avec Londres, s’ajoutant à la crise nucléaire, inquiète les États voisins de l’Iran, actuellement réunis à Riyad.

Une médiation turque sous l’égide du premier ministre Erdogan, invité du sommet de la Ligue arabe à Riyad, contribuerait à la recherche d’une solution dans la crise des otages britanniques. L’implication turque illustre les préoccupations régionales face aux gesticulations iraniennes. L’Arabie saoudite n’est pas seule à se préoccuper de l’agitation de son voisin perse. L’annonce durant le sommet de la création d’un futur « Conseil de sécurité » de la Ligue arabe, appuyé par une force militaire de réaction rapide, vise sans le dire l’Iran, malgré les dénégations des officiels saoudiens.

Riyad essaie de renforcer l’unité arabe contre les tentatives d’hégémonie iranienne et, là aussi sans le dire, l’unité des sunnites contre ce qu’elle perçoit comme une menace chiite. D’où les réticences saoudiennes vis-à-vis du fédéralisme en Irak, et les rumeurs d’aide financière aux mouvements armés sunnites en Irak et au Liban.

Certes, le ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, dément : « pourquoi leur donner des armes ? Ils en ont déjà bien assez ». Il reconnaît toutefois la très grande préoccupation de la région tout entière face au programme nucléaire iranien. Les puissances régionales, comme la Turquie, l’Égypte et l’Arabie saoudite, envisagent des programmes nucléaires civils et sont soupçonnées de vouloir se doter à leur tour de la bombe si l’Iran l’obtenait. Éventuellement avec l’aide du Pakistan, représenté comme observateur au sommet de Riyad par le président Musharraf. Faisant allusion aux tensions engendrées par l’Iran, ce dernier s’est dit préoccupé par « une confrontation désastreuse qui pourrait avoir d’incalculables conséquences globalement, régionalement et au sein de la nation musulmane ».

PAS DE PRECIPITATION

Une bombe saoudienne ? « Non, jamais », assure le prince au Figaro, tout en s’interrogeant à haute voix sur les avancées nucléaires de l’Iran : « Pourquoi cette précipitation ? Le monde sera le même dans cinq ans… » La réponse saoudienne et régionale aux ambitions iraniennes a été transmise à Téhéran par le Conseil de coopération du Golfe (CGC), qui rassemble l’Arabie, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Le CGC est disposé à créer un consortium qui enrichisse l’uranium nécessaire aux centrales nucléaires civiles de toute la région, y compris l’Iran.

« Si leur préoccupation est que l’enrichissement soit aux mains des puissances occidentales, c’est le moyen de répondre à leurs craintes », explique le prince-ministre. Et il appelle de ses voeux l’avènement « d’une industrie qui respecte à la lettre les conditions de l’Agence internationale de l’énergie atomique, dans l’intérêt général du Golfe ».

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