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Iran/Résistance – Deux ans après le massacre d’Achraf : il faut protéger les dissidents – vidéo

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Iran - Deux ans après le massacre d’Achraf : il faut protéger les dissidents

Les victimes, des membres de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI), étaient désarmées et n’ont pas reçu la protection dont elles devaient bénéficier. Cette attaque était planifiée et prévisible, étant données les agressions antérieures et le comportement vindicatif du régime iranien à l’égard des dissidents. 

Selon le plan du Guide Suprême iranien Khamenei et les ordres de Ghassem Soleimani, commandant des forces Qods, il s’agissait de tuer ou de prendre en otage tous les habitants restés au camp Achraf (les autres membres de l’OMPI ayant été déplacés au camp Liberty). Les forces irakiennes, commandées par le premier ministre Maliki, lui-même sous les ordres du régime iranien, ont pénétré dans le camp à l’aube et, une fois dans le secteur d’habitation, ont tiré des roquettes RPG7 et obus de mortiers, avant de mitrailler les Achrafiens.

Après les avoir capturés, ils leur ont attaché les mains derrière le dos puis les ont fusillés. Dans la clinique du camp où se trouvaient des blessés et du personnel médical, ils les ont mitraillés et achevés d’une balle dans la tête. Les assaillants ont engendré l’équivalent de 10 millions de dollars de destructions et de vols. 

Le camp d’Achraf avait déjà fait l’objet d’attaques meurtrières, en particulier le 8 avril 2011, lorsque les forces armées irakiennes l’avaient pris d’assaut, tirant sur ses habitants et les renversant avec leurs véhicules blindés, faisant 36 morts. Le 1er septembre 2013, le camp était attaqué pour la cinquième fois. Ainsi, l’imminence de cette nouvelle tuerie, au milieu de la crise syrienne, était indéniable. Les remarques des militaires iraniens soulignent l’opiniâtreté du régime dans son projet d’annihilation de toute dissidence.

Ghassem Soleimani, ainsi que Hossein Salami, numéro deux des Pasdarans, ont, au lendemain de la tuerie, tous deux comparé à la bataille de Mersad, pour marquer l’importane de l’évènement pour le régime iranien. En effet en juillet 1988 la bataille meurtrière menée pendant quatre jours entre les forces des gardiens de la révolution et l’armée de la résistance iranienne dans la province de kermanchah à l’ouest de l’Iran fut la plus importante confrontation des deux forces.

La Résistance l’appela opération « lumière éternelle » et le régime l’a bptisé « Mersad ».« Cette affaire est bien plus importante que la bataille de Mersad et c’est en fait la promesse de Dieu qui s’est réalisée » a déclaré Soleimani ; « Cette opération, en termes de conséquences, est plus importante que de nombreuses autres opérations précédentes et ses effets sur la vitalité du groupuscule des Monafeghine [terme péjoratif signifiant « hypocrites » utilisé par le régime pour qualifier les Moudjahidine du peuple] vont au-delà de ceux de l’opération Mersad» a répété Salami. 

L’ONU et les États-Unis avaient donné aux habitants du camp le statut de demandeurs d’asile, et avaient négocié leur désarmement en échange de leur protection. Depuis 2009, de façon ironique, la protection était censée être assurée par les autorités irakiennes  sous influence iranienne, contrairement aux engagements des États-Unis, qui ont donc failli à leur responsabilité.

Les victimes du 1er septembre ont d’ailleurs tenté de contacter les autorités chargées de leur protection, qui ne sont pas arrivées sur les lieux avant la fin de la tuerie. Le premier responsable de l’ONU est arrivé 12 heures après le début du massacre, pour entendre le gouvernement irakien nier la responsabilité de son armée dans l’attaque. 

Si les autorités irakiennes sont désignées comme responsables, la communauté internationale est elle accusée de n’avoir pas réagi à temps, de ne pas avoir rempli sa mission de protection. Le Colonel américain Léo MacCloskey, qui a commandé la sécurité d’Achraf en 2009, a déclaré : « Nous ne leur avons pas donné de protection. Nous nous y étions engagés et ces gens meurent aujourd’hui et mourront demain. »

La dirigeante de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi,  avait demandé à l’époque : « Pourquoi l’ONU et le HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés] ont-ils manqué à leurs obligations minimales pour assurer la protection et la sécurité des résidents ? Pourquoi les États-Unis ont-ils renié leurs engagements répétés sur la protection des habitants ? (…) Je répète que ne rien faire vis-à-vis des massacres récurrents équivaut à une complicité dans les crimes commis et que cela doit cesser. À cet égard, les États-Unis ont une claire responsabilité et doivent rendre des comptes. » 

Aujourd’hui, tous les membres de l’OMPI ont été relogés au Camp Liberty, ancienne base militaire américaine près de l’aéroport de Bagdad… où les conditions de sécurité sont encore plus déplorables qu’à Achraf. Cible de trois attaques de roquettes depuis 2012, les conditions de vie y sont inhumaines : interdiction de déplacement, insalubrité, impossibilité de soigner les malades librement, blocus de ravitaillements et d’équipements ; le camp était cet été, selon le Comité Parlementaire britannique pour un Iran Libre (British Parliamentary Committee for Iran Freedom, BPCIF), « au bord d’une catastrophe humanitaire ». 

Cet été 2015 a marqué le 27ème anniversaire du massacre des 30 000 prisonniers politiques en Iran. Le dernier massacre en date contre les opposants iraniens a été extrêmement meurtrier, et n’a que deux ans. Si les tragédies dont le régime iranien est l’auteur ont toutes été condamnées et qualifiées de crimes contre l’humanité, toutes souffrent du manque de visibilité médiatique, et ont souffert du silence de la communauté internationale.

Combien d’autres anniversaires funestes comme ceux-là devrons-nous commémorer avant que les dissidents ne soient protégés, et qu’ils soient accueillis comme réfugiés politiques ? Avant que la communauté internationale n’entende la voix des dissidents et de la grande majorité de la population iranienne, qui désirent le changement, la liberté et la démocratie ? Peut-on continuer à fréquenter le régime iranien responsable de ces horreurs tout en ignorant le sacrifice des résistants. Les membres de l’OMPI savaient qu’ils risquaient leur vie, et, sans défenses, ils sont morts pour une cause qui doit être entendue.

 

Lire aussi: 

Iran – Deuxième anniversaire du massacre de membres de l’OMPI dans le camp d’Achraf

 

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