Le dimanche 25 mai 2025, Pedram Madani, prisonnier iranien de 40 ans condamnĂ© Ă mort pour des accusations d’espionnage, a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© de la prison d’Evin Ă celle de Ghezel Hesar, tristement cĂ©lèbre pour ses exĂ©cutions de masse. Ce transfert, accompagnĂ© d’une convocation de sa famille pour une « dernière visite », annonce de façon quasi certaine son exĂ©cution imminente.
Ce cas intervient alors que l’Iran connaĂ®t une vague d’exĂ©cutions sans prĂ©cĂ©dent. Rien qu’au cours des 30 derniers jours du calendrier iranien (du 21 avril au 21 mai), au moins 158 personnes ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es. Ă€ cela s’ajoutent dix exĂ©cutions les 24 et 25 mai. Ce rythme glaçant porte la moyenne Ă plus de quatre exĂ©cutions par jour.
Une justice instrumentalisée pour réprimer
Pedram Madani avait été arrêté en 2019, accusé d’espionnage au profit d’Israël. Sa condamnation à mort a été annulée trois fois par la Cour suprême iranienne, mais à chaque reprise, une chambre parallèle l’a rétablie sans que les principes d’un procès équitable soient respectés.
Ce type de manœuvre illustre l’usage systématique de l’appareil judiciaire iranien pour légitimer des exécutions politiques sous couvert d’accusations sécuritaires. Les avocats de la défense n’ont souvent aucun accès aux dossiers, les procès se tiennent à huis clos, et les condamnations sont prononcées dans un climat d’opacité totale.
Une stratégie de terreur organisée
Selon le ComitĂ© de soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI), Les exĂ©cutions pour espionnage ou pour des infractions de droit commun servent en rĂ©alitĂ© Ă intimider la population et Ă empĂŞcher toute contestation. Ce sont des actes de rĂ©pression politique, perpĂ©trĂ©s sous une façade juridique.
Le cas de Pedram Madani n’est pas isolé. Le 30 avril 2025, un autre prisonnier, Mohsen Langar-Neshine, âgé de 34 ans, a été pendu à Ghezel Hesar. Il avait été accusé d’espionnage et de « présence sur les lieux de l’assassinat de Sayyad Khoda’i », un commandant des forces Qods, en lien présumé avec Israël.
Appel à la communauté internationale
Le CSDHIet alerte une nouvelle fois sur la gravitĂ© de la crise des exĂ©cutions en Iran. Des dizaines de prisonniers politiques et d’opinion attendent leur exĂ©cution dans les couloirs de la mort. Ne pas rĂ©agir, c’est laisser le rĂ©gime agir en toute impunitĂ©.
« Chaque exécution est un assassinat d’État. Les condamnations à mort prononcées sans respect des garanties élémentaires du droit ne sont pas des verdicts, mais des instruments de terreur. »
— CSDHI
Le silence international face à cette politique de terreur équivaut à une complicité passive. Le CSDHI appelle les instances internationales, les gouvernements démocratiques et les défenseurs des droits humains à intervenir immédiatement pour faire pression sur le régime iranien, et mettre fin à cette spirale de sang.

