Fereydoun Rostami, employé de la municipalité de Marivan, s’est immolé par le feu devant son lieu de travail pour protester contre les pressions, les menaces et les traitements humiliants infligés par le service de sécurité de la municipalité. Il s’agit du troisième cas d’immolation par le feu recensé ces deux dernières semaines et du septième suicide rapporté par les médias depuis le 23 octobre.
Selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw, les collègues de Rostami l’ont sauvé à l’aide d’un extincteur, mais les forces de sécurité stationnées à la municipalité de Kanidinar, dans la région de Marivan, l’ont encerclé et ont empêché les témoins de s’informer sur son état après l’extinction des flammes.
Le rapport indique que Rostami, qui comptait six ans d’expérience au sein du service administratif de la municipalité de Kanidinar, avait été licencié six mois auparavant sous la pression d’une employée du service de sécurité identifiée comme « Shima Mohammadi, fille de Karim Mohammadi, membre du service de renseignement de Marivan ».
Après sa réintégration, il a été muté dans un autre service. Ces derniers jours, il a été réaffecté aux travaux d’assainissement municipaux et, selon Hengaw, contraint de balayer les rues et de ramasser les ordures.
Trois immolations par le feu en signe de protestation entre le 5 et le 17 novembre
L’immolation par le feu de Rostami est la troisième depuis le 5 novembre. Le 5 novembre, Ahmad Baledi s’est immolé par le feu pour protester contre la destruction du stand de nourriture de sa famille par des agents municipaux d’Ahvaz ; il est décédé à l’hôpital le 11 novembre.
Baledi, qui travaillait au stand de nourriture familial tout en étudiant à l’université, s’est immolé par le feu après la destruction de leur stand par des employés municipaux.
Le 12 novembre, le chef du service d’incendie de Sanandaj a annoncé qu’un pompier nommé Shaho Saffari s’était immolé par le feu dans la caserne pour protester contre le non-paiement de ses salaires ; son état était jugé critique.
Les suicides relayés par les médias
Selon les médias, depuis fin octobre, au moins deux jeunes femmes travaillant dans le secteur médical, un journaliste et analyste politique, et un prisonnier politique se sont suicidés.
Fin octobre, on apprenait le suicide de Yasaman Shirani, interne en gynécologie à l’Université des sciences médicales de Téhéran.
Le 2 novembre, une nouvelle similaire concernait Nadia Motaghi, médecin généraliste de 36 ans à Shiraz. Les jours suivants, on signalait également les suicides de Fouad Shams, analyste politique et journaliste, d’un jeune homme d’Aligudarz et de Mehrdad Ahmadi-Nejad, prisonnier politique.
En réaction à ces informations, Mohammad-Reza Aref, premier vice-président du régime iranien dirigé par Massoud Pezeshkian, qualifiait ces événements de « signal d’alarme » adressé aux autorités, révélant une « crise sociale ».

