Parallèlement à la répression des manifestations à travers le pays, des centaines de manifestants détenus ont été transférés à la prison de Ghezel Hesar, une mesure qui suscite de vives inquiétudes quant à leur sort et au risque de violations massives de leurs droits. Selon les informations recueillies, les forces de sécurité détiennent les détenus dans la section de quarantaine de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar, une zone isolée délibérément séparée des autres prisonniers afin d’empêcher tout contact, observation ou signalement indépendant de leurs conditions de détention.
Cette quarantaine s’est de facto transformée en un centre de détention clandestin au sein de la prison, où les manifestants sont détenus sans inscription officielle et sans accès à leurs droits les plus fondamentaux. Cette pratique témoigne clairement de la volonté des services de sécurité d’agir en toute impunité, notamment par des mesures extrajudiciaires, voire par la disparition ou l’assassinat de détenus.
Quarantaine de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar : Surpopulation inhumaine et conditions de vie déplorables à même le sol
Selon les informations recueillies, environ 500 manifestants détenus ont été transférés dans la section de quarantaine de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar, alors que cette section ne dispose que de 180 lits. De ce fait, de nombreux détenus sont contraints de dormir à même le sol, dans le froid hivernal, sans couvertures, matelas ni aucun autre équipement de base.
D’après un rapport de la Société iranienne des droits de l’homme, des sources proches des familles des détenus affirment que les conditions de détention dans cette unité sont extrêmement anormales et dégradantes. Le manque d’espace, la pénurie d’eau chaude, l’absence de chauffage et l’insuffisance des services médicaux mettent gravement en danger la vie de nombreux détenus.
Certains détenus ont été blessés lors de leur arrestation ou de leur transfert en prison, sans recevoir de soins médicaux. Cette situation accroît les craintes d’une augmentation des décès silencieux dans les centres de détention.
Transferts de manifestants vers les prisons d’Evin et du Grand Téhéran, en plus de Ghezel Hesar
Outre la prison de Ghezel Hesar, des informations indiquent que certaines personnes arrêtées lors des manifestations ont également été transférées vers les prisons d’Evin et du Grand Téhéran. Toutefois, ces derniers jours, les transferts se sont principalement concentrés sur Ghezel Hesar, une prison traditionnellement réservée aux personnes condamnées pour des crimes graves.
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Les observateurs des droits humains estiment que le transfert de manifestants vers une telle prison est en soi un signe de politique d’intimidation et de punition collective. Cette action, d’autant plus que de nombreux détenus n’ont pas encore été formellement inculpés, constitue une violation flagrante des principes d’un procès équitable.
Absence d’enregistrement des noms des détenus : une voie détournée vers la disparition forcée
Les informations d’identité d’un grand nombre de manifestants n’ont pas été délibérément enregistrées dans le système judiciaire, ce qui empêche tout suivi légal, tout contact familial, voire même toute connaissance de leur lieu de détention.
Selon des observateurs, cette pratique suit exactement le même schéma que lors des répressions précédentes, où des détenus sont maintenus pendant des jours, voire des semaines, dans un état de « disparition forcée », sans qu’aucune institution n’assume officiellement la responsabilité de leur détention.
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Cette situation accroît considérablement le risque d’élimination de détenus, d’aveux extorqués et de tortures physiques et psychologiques.
Arrestations massives dans un contexte de répression accrue des manifestations
Le transfert de centaines de manifestants à Ghezel Hesar intervient alors que des vagues d’arrestations se poursuivent à travers le pays. Selon les informations disponibles, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées lors des récentes manifestations, saturant gravement les centres de détention et les prisons.
Le régime iranien recourt aux arrestations massives pour étouffer les manifestations dans l’œuf et empêcher la population de retourner dans la rue en instaurant un climat de peur.
Inquiétudes des familles : Absence totale d’informations sur le sort des proches
Les familles des détenus vivent dans l’incertitude la plus totale : elles n’ont aucune information concernant le lieu de détention, l’état de santé ou le statut juridique de leurs proches. Après s’être rendues dans les prisons et les parquets, nombre d’entre elles n’ont reçu que des réponses vagues, voire ont gardé le silence complet des autorités.

