Les arrestations et la répression de médecins et de personnel médical par les services de sécurité du régime iranien se poursuivent dans plusieurs villes. Selon des informations en provenance d’Iran, des agents ont perquisitionné les domiciles et les lieux de travail de médecins et de personnel médical ayant soigné des manifestants blessés, et les ont arrêtés violemment.
Pendant les manifestations, à l’hôpital Golsar de Rasht seulement, un grand nombre de corps ont été transférés à la morgue, et plus de dix adolescentes de 16 à 17 ans, blessées par balles, ont perdu la vie.
Dans un cas rapporté, des agents du régime ont enlevé une jeune fille blessée qui avait survécu à une opération, la retirant de son lit d’hôpital alors qu’elle était encore en convalescence.
Il est également rapporté que les institutions du régime ont délibérément bloqué les services de transfusion sanguine et ont fourni du sang exclusivement au personnel médical des centres de soins affiliés aux forces armées.
Selon des informations, après avoir appris que certains médecins et personnels médicaux avaient admis gratuitement des blessés et les avaient opérés dans des hôpitaux, les forces de sécurité ont perquisitionné leurs domiciles ou lieux de travail et procédé à des arrestations.
Des informations antérieures faisaient état de l’arrestation du Dr Ameneh Soleimani, médecin et directrice d’une clinique dermatologique et capillaire à Ardabil. Elle aurait été interpellée ces derniers jours par les forces de sécurité pour avoir admis et soigné des personnes blessées lors des manifestations.
Au moins quatre médecins ont été arrêtés à Ardabil. Par ailleurs, un secouriste nommé Khosrow Minaei, qui soignait des blessés à son domicile, a été arrêté le 14 janvier suite à une perquisition menée par les forces de sécurité.
Dans ce contexte, l’organisation de défense des droits humains « Hengaw » a signalé l’arrestation du Dr Alireza Golchini, chirurgien et médecin de Qazvin, pour avoir prodigué des soins médicaux à des citoyens blessés lors des manifestations populaires. Selon ces informations, ce médecin est accusé d’« inimitié envers Dieu » et risque la peine de mort.
Arrestations de médecins pour dissimuler l’ampleur des massacres
Selon certaines sources, le Dr Farhad Nadali, chirurgien, médecin spécialiste et membre du corps professoral de l’Université des sciences médicales de Golestan, a été arrêté les 8 et 9 janvier après avoir protesté contre les tirs sur des manifestants et des blessés par des agents du régime. On ignore son état de santé.
D’après des informations publiées, Babak Pouramin, médecin urgentiste, a également été arrêté le 19 janvier.
Certaines sources indiquent que ce médecin est actuellement détenu à la prison de Vakilabad à Mashhad.
Selon un article du quotidien britannique The Guardian, de nombreux témoignages de médecins, de personnel médico-légal et de responsables de cimetières dressent un tableau alarmant de l’ampleur réelle de la répression des manifestations en Iran. Ce tableau et le nombre de morts, selon les témoins, diffèrent considérablement des chiffres officiels.
En raison de l’absence d’accès libre à Internet en Iran, il est extrêmement difficile d’estimer le nombre de victimes, mais toutes les sources font état de plusieurs milliers de personnes tuées par les forces de sécurité du régime iranien.
Un médecin en Iran, dont le nom n’a pas été divulgué dans l’article du Guardian pour des raisons de sécurité, explique qu’au début des manifestations, la plupart des blessés présentaient des plaies superficielles, mais que la nature de ces blessures a progressivement évolué.
Il explique que, soudain, ils se sont retrouvés face à des blessures portant des traces de tirs directs ou des blessures profondes ; nombre d’entre eux ont perdu la vie. Selon ce médecin, la peur d’être identifiés et arrêtés a dissuadé beaucoup de blessés de se rendre dans les hôpitaux publics.
Il semble que la vague d’arrestations de médecins ne soit pas uniquement due à l’aide apportée aux blessés, mais plutôt liée aux efforts acharnés du régime iranien pour faire disparaître les preuves de crimes et de meurtres, notamment en coupant l’accès à Internet et en arrêtant les témoins.

