Aux premières heures du mercredi 20 mai, les condamnations à mort de deux prisonniers politiques kurdes, Ramin Zeleh et Karim Maroufpour, ont été exécutées secrètement à la prison centrale de Naqadeh. Selon des sources de défense des droits humains, ces exécutions ont été menées sans que leurs familles en soient informées et en les privant de leur droit à une dernière visite.
D’après les rapports publiés, les deux prisonniers — tous deux originaires du comté de Naqadeh — avaient été précédemment condamnés à mort dans le cadre d’une affaire commune par la première chambre du Tribunal révolutionnaire de Mahabad, sous l’accusation de *baghi* (« rébellion armée contre l’État ») pour leur appartenance au Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI).
Parallèlement à ces exécutions, l’agence de presse Mizan — l’organe médiatique officiel du système judiciaire du régime — a confirmé les faits dans un communiqué, accusant les deux prisonniers d’appartenance à des groupes kurdes, de soulèvement armé et de tentative d’assassinat. Toutefois, les organisations de défense des droits humains ont une fois de plus exprimé leur inquiétude quant au recours aux aveux forcés et aux procédures judiciaires opaques dans les affaires politiques, en particulier dans les régions kurdes.
Ramin Zeleh a été arrêté par les forces du ministère du Renseignement en août 2024 et, après environ 507 jours de détention et d’incertitude juridique, a été condamné à mort. Selon les rapports, son audience judiciaire n’a duré que quelques minutes et s’est déroulée en l’absence de l’avocat de son choix. Sa condamnation à mort lui a été officiellement notifiée en prison en décembre 2024.
Karim Maroufpour, 29 ans et originaire de Naqadeh, avait été arrêté auparavant dans la ville de Sardasht en avril 2021. Il aurait été violemment battu au moment de son arrestation et détenu pendant une longue période au secret, sans aucun contact avec sa famille. Il a finalement été condamné à mort aux côtés de Ramin Zeleh, dans le cadre de la même affaire commune.
Il convient de noter que le régime iranien, dans un contexte de guerre et d’instabilité régionale, a eu recours à l’exécution massive de prisonniers politiques en prévision d’éventuels soulèvements et manifestations de la part du peuple iranien.

