IranDroits de l'hommeOttawa s'engage à obtenir justice

Ottawa s’engage à obtenir justice

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Presse canadienne, 31 mars – Sa position renforcée par le témoignage du médecin iranien qui a examiné la photo-journaliste Zahra Kazemi à son arrivée dans un hôpital, le gouvernement canadien s’est engagé, jeudi, à poursuivre ses démarches pour s’assurer que justice soit rendue et que l’Iran punisse les responsables de la mort de la Canadienne.
Le médecin Shahram Aazam a livré un troublant récit qui confirme la position que défend Ottawa: la photo-journaliste a été sauvagement battue, torturée et violée, ce qui a causé sa mort. Cette version contredit celle de l’Iran qui soutient que le décès de Mme Kazemi était dû à une chute causée par un évanouissement à la suite de la grève de la faim de la prisonnière.
àImmédiatement, on pense non seulement à Mme et à toute l’expérience horrible qui a mené à sa mort, mais à son fils», a déclaré le premier ministre Paul Martin, lors d’un point de presse à Whistler, en Colombie-Britannique, s’engageant du même coup à «prendre les mesures nécessaires».
«La famille veut des réponses, les Canadiens veulent des réponses, et nous allons poursuivre cette cause jusqu’à ce que justice soit rendue», a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, lors d’une conférence de presse à Toronto.
Zahra Kazemi a été arrêté le 23 juin 2003 lorsqu’elle tentait de photographier des manifestants devant la prison Evin, à Téhéran. Emprisonnée à cet endroit, elle a été battue, torturée et violée avant d’être amenée le 27 juin à l’hôpital, inconsciente. C’est là que le docteur Aazam l’examinera et constatera les sévices qu’on lui a fait subir. Le 10 juillet, les autorités iraniennes la déclarent morte.
Le régime de Téhéran a toujours réfuté cette version des faits, malgré les preuves qui s’accumulent. À toutes les demandes du Canada qui exigeait que les coupables soient punis, l’Iran a répliqué qu’un procès avait eu lieu. Pour Ottawa et la communauté internationale, ce procès qui a finalement avorté n’était qu’un écran de fumée puisque les vrais responsables sont demeurés impunis.
«L’Iran continue à contrevenir aux droits de la personne les plus élémentaires, a martelé Pierre Pettigrew. Cette situation doit cesser.»
Le fils continue de faire pression
Jeudi, le fils de Mme Kazemi, Stephan Hachemi, a continué de faire pression sur le gouvernement canadien pour obtenir réparation. Ses avocats ont fait parvenir une lettre au premier ministre Paul Martin, demandant de le rencontrer le plus rapidement possible.
Ses vœux auront été concrétisés en partie. Le premier ministre a indiqué que son adjoint principal aux questions internationales rencontrera les avocats de M. Hachemi. Reste à savoir jusqu’où le Canada ira dans sa lutte, refusant pour l’instant de rappeler une fois de plus son ambassadeur.
Selon l’avocate de M. Hachemi, Marlys Edwardh, le gouvernement fédéral devrait faire pression pour une médiation internationale et l’obtention d’une compensation financière pour la famille Kazemi. Le Canada devrait aussi exiger la tenue d’une enquête criminelle sérieuse.
«Nous continuons de regarder l’ensemble des options et nous n’excluons rien», a dit le ministre Pettigrew.
De passage à Ottawa, jeudi, M. Hachemi a rappelé qu’il avait l’intention de poursuivre le combat entrepris par sa mère.
«Je préfère rester courageux et continuer ce que j’ai commencé, ce que ma mère a commencé lorsqu’elle s’est levée devant le régime islamiste, lorsqu’elle a demandé rien d’autre que ses droits et lorsqu’elle a décidé que c’était la juste chose à faire», a-t-il souligné en conférence de presse.
Le docteur Aazam était aussi présent à cette conférence de presse. Pendant plus d’une demi-heure il a décrit, en détail, l’état de la journaliste lors de son arrivée à l’hôpital militaire. S’exprimant en farsi mais accompagné d’une interprète, M. Aazam a raconté les multiples ecchymoses, les fractures, et autres blessures qu’il a observées sur le corps de Mme Kazemi, la nuit du 27 juin 2003.
Ongles arrachés, sérieuses contusions à la tête, doigts et orteils fracturés, plantes des pieds et dos portant des signes évidents de flagellation: ce ne sont là que quelques exemples qui ont convaincu le médecin qu’il avait devant lui une femme victime de torture, gisant inconsciente.
L’état des ecchymoses lui disait, de plus, que les sévices s’étaient étirés sur plusieurs journées. «Comme médecin, je pouvais constater que c’était le résultat de tortures», a déclaré M. Aazam. Bouleversé par le cas de Mme Kazemi, le médecin a expliqué qu’il se sentait le devoir de raconter ce qu’il avait observé.
Après des démarches auprès des autorités canadiennes, M. Aazam a obtenu le statut de réfugié et est arrivé au Canada, avec sa famille, lundi dernier.

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