Alors que la crise de l’eau s’aggrave en Iran et que le régime est incapable de gérer ses ressources en eau, un membre de l’Assemblée des experts a affirmé que le non-respect du port obligatoire du hijab dans les rues, tel que préconisé par le régime, est à l’origine de la crise de l’eau, de la sécheresse et de la diminution des précipitations.
Le dimanche 9 novembre, Mohsen Araki a déclaré : « La sécheresse, la crise de l’eau et la diminution des précipitations sont des signes d’avertissement divin nous invitant à sortir de notre négligence et de notre inattention envers Lui.»
Il a ajouté : « La Révolution islamique est fondée sur le sang des martyrs, et il est inacceptable que nos rues deviennent le théâtre du péché, des femmes non voilées et de l’immoralité publique.»
Le membre de l’Assemblée des experts a poursuivi : « Ces comportements ont des conséquences, et une société reconnue pour sa foi et le chiisme se doit d’être attentive à de telles dérives. »
Ces propos reflètent l’approche récurrente des responsables du régime iranien qui, au lieu d’examiner les causes scientifiques ou de proposer des solutions à la crise de l’eau, l’attribuent au « péché individuel » et à « l’apparence des femmes ». En reprenant une rhétorique religieuse, ils se dérobent à leurs responsabilités en matière de mauvaise gestion et de politiques inefficaces.
Dans ces discours, les questions techniques et les demandes de transparence sont reléguées au second plan et remplacées par des avertissements moraux et des menaces policières.
Des experts indépendants des questions d’eau et d’environnement ont souligné que la sécheresse en Iran résulte d’une combinaison de facteurs : l’influence de la mafia de l’eau, les tendances climatiques et des décennies de mauvaise gestion structurelle – notamment l’expansion d’une agriculture gourmande en eau et subventionnée, la surexploitation des eaux souterraines et l’absence de modèles de consommation durables dans les industries et les villes.
Selon eux, réduire cette crise multidimensionnelle à la seule question du hijab est non seulement dénué de tout fondement scientifique, mais entrave également la volonté politique nécessaire à la réforme des politiques de l’eau et à la responsabilisation des institutions concernées.
Coupures d’eau nocturnes en Iran
Face à la crise de l’eau qui sévit en Iran, Abbas Aliabadi, ministre de l’Énergie, a annoncé le 9 novembre la mise en place de coupures d’eau nocturnes dans tout le pays et a exhorté la population à installer des systèmes de stockage d’eau domestiques.
Ahad Vazifeh, directeur du Centre national de gestion des crises climatiques et de sécheresse, a déclaré que les prévisions météorologiques n’annonçaient aucune pluie significative sur l’Iran dans les dix prochains jours.
Mehdi Chamran, président du Conseil municipal de Téhéran, a également proposé d’organiser une « prière pour la pluie » comme solution à la pénurie d’eau.
Il a ajouté : « On a oublié qu’autrefois, les gens se rendaient dans le désert pour prier et que leurs prières étaient exaucées. Parmi toutes les mesures prises pour lutter contre la pénurie d’eau, il ne faut pas négliger cette pratique. »
Le 6 novembre, le président du régime, Massoud Pezeshkian, a averti que si la pluie ne tombait pas en décembre, l’eau serait rationnée à Téhéran et que, si la sécheresse persistait, la capitale devrait être évacuée.
En réponse à ces déclarations, Reza Haji Karim, président de la Fédération iranienne de l’industrie de l’eau, a souligné que la situation hydrique dans la capitale était « plus préoccupante » que ne le laissaient entendre les propos de Pezeshkian et « plus alarmante » que ne le laissaient supposer les statistiques officielles.
Selon les experts, la crise de l’eau en Iran est le fruit d’années de mauvaise gestion, de politiques défaillantes et de la négligence du régime quant à la réforme des structures clés de la gestion des ressources en eau – une crise qui rend désormais la responsabilisation et la réforme incontournables.

