IranFemmesLe parlement iranien assouplit l'interdiction d'avorter

Le parlement iranien assouplit l’interdiction d’avorter

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AFP, Téhéran, 12 avril – Le parlement conservateur iranien a adopté mardi un texte de loi autorisant l’avortement dans certains cas particuliers, surmontant de fortes résistances religieuses et sociales pour combattre le commerce prospère et dangereux des interruptions clandestines de grossesse.
« L’avortement est autorisé avec le consentement du couple et si trois médecins confirment, durant les quatre premiers mois de la grossesse, que le foetus est mentalement ou physiquement handicapé, infligeant ainsi une charge financière à la famille, ou si la vie de la mère est menacée », dit le texte approuvé par 127 des 217 députés présents lors d’une séance retransmise par la radio d’Etat.
Dans la législation actuelle, l’avortement n’est autorisé que si les services de la médecine légale certifient le diagnostic de trois médecins selon lesquels la vie de la mère serait menacée par la poursuite de la grossesse.
Il est également permis si le foetus est voué à mourir avant ou après la naissance et avant le terme des quatre mois de grossesse.
Sinon l’avortement est un crime, qui peut valoir à la femme et à celui qui le pratique trois à dix ans de prison et le paiement du « prix du sang », la valeur vénale de la vie d’un être humain.
Cette législation a fait de l’avortement clandestin un commerce florissant et lucratif pour des faiseurs d’anges plus ou moins compétents et scrupuleux.
Selon la presse, au moins 80.000 femmes recourent chaque année aux expédients pour mettre fin à une grossesse. Mais des spécialistes estiment que le chiffre véritable est bien plus élevé.
Cependant le nouveau texte n’est pas encore définitivement adopté. Il doit à présent être soumis au Conseil des gardiens, organe ultra-conservateur qui juge de la conformité des textes avec la loi islamique en vigueur et avec la constitution.
Ce Conseil des gardiens a, par le passé, rejeté à maintes reprises de nouvelles dispositions favorables aux femmes et, plus généralement, à la libéralisation dans un pays où la vie d’une femme vaut moitié moins que celle d’un homme.
La proposition de loi a rencontré de vives résistances lors du débat parlementaire, dans lequel aucune des treize députées (sur 290) n’est intervenue.
« Nous devons respecter le droit à la vie », a objecté Mahmoud Madani, « certaines familles vivent heureuses en élevant des enfants handicapés ».
« Le problème de la charge financière ne se pose pas pour tout le monde. Les familles aisées peuvent très bien payer une aide pour élever un enfant handicapé », a abondé Mohammad Hossein Esteki.
Abbas Ali Akhtari a rejeté l’argument de la prolifération des avortements clandestins: « Ce n’est pas parce qu’un acte illégal se répète que nous devons cautionner cela ».
« L’interdiction des avortements n’en a pas diminué le nombre, mais il a accru le nombre des femmes mortes au cours d’une intervention clandestine », a fait valoir, parmi les partisans de la réforme, Noureddin Pirmoazen, de la commission parlementaire de la Santé.
« Nous ne voulons pas ici délivrer un permis de tuer des innocents », a-t-il dit, « mais la naissance d’enfants handicapés coûte très cher au pays et traumatise les familles et les enfants eux-mêmes ».
Il s’est réclamé d’édits religieux promulgués par les grands ayatollahs du pays et le Guide suprême lui-même, l’ayatollah Ali Khamenei, reconnaissant le lourd tribut supporté par les parents d’enfants handicapés, mais se prononçant aussi sur la délicate question éthique du moment où le foetus a une « âme ».
« L’ayatollah Makarem Shirazi estime que l’âme se développe au bout de quatre mois et dix jours quand le foetus commence à bouger dans le ventre de sa mère, ou au bout des vingt semaines de grossesse dans l’acceptation générale des médecins », a-t-il dit.

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