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L’ultra Ahmadinejad est élu président de l’Iran et provoque une onde de choc

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AFP, Téhéran, 25 juin – L’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad a remporté la présidentielle iranienne, une victoire dont ses proches ont comparé l’ampleur à celle d’un « tsunami » et qui risque de bouleverser la face de l’Iran et ses relations avec l’Occident.

« Il a gagné », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Jahanbakhsh Khanjani, devant la presse.

Dans une réaction très rapide, le département d’Etat a dit son scepticisme « sur la fait que le régime iranien puisse se préoccuper des aspirations légitimes de son propre peuple comme des inquiétudes de la communauté internationale ». Selon Washington, qui a placé l’Iran sur l' »axe du mal », la République islamique est plus que jamais « déphasée » du mouvement de la région vers la liberté.
M. Ahmadinejad, quasiment inconnu avant de devenir maire de Téhéran en 2003, a recueilli plus de 61% de la quasi-totalité des bulletins dépouillés, a indiqué M. Khanjani.

« C’est l’effet tsunami », exultaient ses proches au ministère de l’Intérieur après la présidentielle la plus imprévisible et peut-être la plus cruciale de la République islamique.

« C’est fini », avait reconnu plus tôt auprès de l’AFP un très proche collaborateur de son adversaire, Akbar Hachémi Rafsandjani.
M. Ahmadinejad est le premier laïc à devenir chef de l’exécutif depuis les deux brèves présidences de l’après-Révolution entre 1979 et 1981.
Au lieu de la modération prônée par M. Rafsandjani, la République islamique risque de s’engager sur la voie de la radicalisation avec un homme qui prêche un strict respect des valeurs islamiques ainsi que l’intransigeance envers les Occidentaux, au moment où ceux-ci essaient d’obtenir des Iraniens la garantie qu’ils ne fabriquent pas l’arme nucléaire.

M. Rafsandjani, qui subit là la plus grave défaite de sa longue carrière politique, s’était posé comme le mieux à même de préserver la libéralisation des années du président réformateur Mohammad Khatami, de mener à bien les impérieuses réformes économiques, mais aussi de restaurer les liens avec les Etats-Unis.

En votant, M. Rafsandjani avait répété vouloir « empêcher que l’extrémisme ne s’installe dans le pays ». Il a donc échoué à mobiliser l’électorat modéré contre « l’extrémiste » Ahmadinejad, ancien membre des forces spéciales de l’armée idéologique qui exalte la « pureté » de la Révolution.

Les manières simples de M. Ahmadinejad, sa réputation de bon musulman et son discours populiste lui ont attiré une forte sympathie dans les milieux défavorisés.

« Je suis fier d’être le petit serviteur, le balayeur des rues de la nation iranienne », a-t-il dit au moment de voter à des partisans exaltés, avant de rendre hommage à « l’imam Khomeiny et ses fidèles » et aux « martyrs de l’islam et de la liberté ».

L’enjeu capital, après les années de relative mais incontestable réforme sous Mohammad Khatami, a placé l’élection sous haute tension.

Dans le souci évident d’éviter les violences, le Guide suprême a interdit aux partisans de l’un ou l’autre candidat de célébrer la victoire dans la rue.

Le camp de M. Rafsandjani a dénoncé « d’énormes irrégularités ».
Plusieurs des observateurs détachés par M. Rafsandjani dans les bureaux de vote ont été arrêtés, certains battus, a affirmé un chef de la campagne de l’ancien président, Gholamhossein Karbaschi.
Après le premier tour, les adversaires de M. Ahmadinejad ont évoqué des bourrages d’urnes, des achats de voix, des pressions sur les électeurs et la mobilisation en sa faveur de l’armée idéologique et de la milice islamiste.

Les adversaires de M. Ahmadinejad ont accusé les organes les plus conservateurs, dont le Conseil des gardiens, clé de voûte du régime, d’avoir pris fait et cause pour le maire de Téhéran. Le Guide, lui, a assuré ne soutenir personne: « Dieu seul connaît mon vote ».
Avec l’élection de M. Ahmadinejad, les conservateurs ont la main sur tous les leviers du pouvoir, une perspective inquiétante pour les Occidentaux.

M. Ahmadinejad s’est aliéné le ministère du Pétrole en promettant de « couper les mains de la mafia de l’argent et des clans familiaux », et le ministère des Affaires étrangères en disant les diplomates iraniens « épouvantés, avant même de s’asseoir à la table de discussions ».

« Il n’y a pas de raison de s’inquiéter », a répondu le président Khatami en signifiant que les décisions stratégiques étaient prises de manière collégiale « au plus haut niveau ».

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