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Iran : Le nouveau ministre de la défense lié à l’attentat qui avait tué 241 Marines américains

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Iran Focus, Londres, 18 août – La nomination d’un vétéran du haut commandement des gardiens de la révolution (GR) comme nouveau ministre de la défense a été accueilli par des demandes d’enquête sur ses liens possibles avec l’attentat suicide contre la garnison de marines américains à l’aéroport de Beyrouth en octobre 1983, qui avait tué 241 Américains.

Mostafa Mohammad-Najjar, officier supérieur des gardiens de la révolution, dirigeait le corps expéditionnaire des gardiens de la révolution au Liban quand le 23 octobre 1983, à 6h22 un kamikaze faisait rouler un grand camion de distribution d’eau dans l’aéroport international de Beyrouth où étaient située la garnison des Marines. Le kamikaze et ses complices avaient détourné le vrai camion sur son chemin vers l’aéroport et en avait envoyé un autre, bourré d’explosif, à la place.

Après avoir emprunté une bretelle d’accès menant au bâtiment de la garnison, le conducteur a foncé sur un portail entouré de barbelé, a dépassé de poste de sentinelle et écrasé le portail pour aller exploser au cœur de la garnison. La déflagration a réduit en poudre le bâtiment de quatre étages et les soldats qui dormaient.

Toutes les fenêtres de la tour de contrôle, à 300 de mètres de là ont volé en éclat. Un cratère de trois mètres de profondeur a creusé la terre et un tas de 5 mètres de haut de débris est tout ce qui est resté du bâtiment de quatre étages de la garnison.

L’attaque a tué 241 soldats américains. Les Etats-Unis ont rapidement retiré leurs forces du Liban et cette opération suicide est devenu un tournant dans le recours croissant au terrorisme par les intégristes islamistes à travers le monde.

Il y a deux ans, un tribunal fédéral américain a identifié le kamikaze, Ismaïl Ascari, un ressortissant iranien.

En juillet 1987, le ministre de l’époque des gardiens de la révolution, Mohsen Rafighdoust, déclarait que « le TNT et l’idéologie qui, en une explosion, ont envoyé en enfer 400 officiers, sous-officiers et soldats du QG des Marines, ont tous les deux été fournis par l’Iran ».

Les propos de Rafighdoust ont été publiés dans le quotidien téhéranais Ressalat le 20 juillet 1987.

Les journaux ultras en Iran continuent de rapporter des histoires commémorant l’attentat de Beyrouth et le QG pour la Commémoration des Martyrs du Mouvement islamique Mondial a tenu une cérémonie d’hommage au cimetière Behecht-e-Zahra de Téhéran en décembre dernier pour « honorer l’homme qui a mené la plus grande opération martyre contre l’Arrogance mondiale [les Etats-Unis et leurs alliés »>… et a été capable de tuer plus de 300 occupants au Liban avec son opération courageuse en 1983 ».

Un rapport du ministère de la défense sur l’attentat de Beyrouth indique que la force de l’explosion « a arraché le bâtiment de ses fondations avant qu’il n’implose sur lui-même. »

L’arrêté du tribunal américain décrit l’opération comme « la plus grande explosion non nucléaire sur la terre ». Elle équivalait en puissance entre 6,8 tonnes et 9,5 tonnes de TNT.
Aujourd’hui, des experts en terrorisme demandent une enquête serrée des Américains ou d’un organe international pour déterminer le rôle du nouveau ministre de la défense iranien dans cet attentat.

« Ceux qui savent sur l’attentat terroriste d’octobre 1983 à Beyrouth, savent que le régime iranien se trouvait derrière », affirme David Neil, analyste du Moyen-Orient basé à Londres. « Le nouveau ministre de la défense avait le commandement des gardiens de la révolution iraniens au Liban à l’époque. C’est inscrit dans la biographie officielle que les agences de presse gouvernementales iraniennes ont donnée de lui aujourd’hui. »

Certains acquiescent.

« Nous devons mener une enquête détaillée et amener les auteurs et les cerveaux de cet acte terroriste devant la justice », estime Simon Bayley du Gulf Intelligence Monitor. « Pendant vingt ans, l’attentat de Beyrouth a été la marque du terrorisme en toute impunité. Il est temps de changer. »

Mostafa Mohammad-Najjar a rejoint les gardiens de la révolution peu après leur formation en 1979, quelques jours après l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Il a fait presque immédiatement partie de la campagne sanglante de répression du soulèvement kurde dans l’ouest de l’Iran en 1979.

Dès son retour à Téhéran, Mohammad-Najjar a travaillé comme officier d’état-major au QG de du commandement central des gardiens de la révolution. Ses états de service au début de la guerre Iran-Irak en 1980 lui ont valu une promotion rapide au sein de cette nouvelle armée qui reposait davantage sur la loyauté idéologique que sur le savoir militaire.

En 1982, les gardiens de la révolution changeaient le cours de la guerre contre l’Irak. Après une succession de victoires impressionnantes, les G.R. étaient désormais sur l’offensive. La nouvelle situation a mené le Haut commandement à développer ses opérations pour exporter la révolution islamiste au-delà de l’Irak. Avec la bénédiction de l’ayatollah Khomeiny, les G.R. ont mis sur pied une direction du Moyen-Orient et Mohammad-Najjar, qui parle couramment l’arabe, en est devenu le commandant.

La zone d’opération de la direction du Moyen-Orient comportait le Liban, Israël, les territoires palestiniens, la Jordanie et les Etats du Golfe Persique. Les gardiens de la révolution ont envoyé un corps expéditionnaire de 1500 hommes en Syrie et dans la plaine de la Bekaa au Liban en 1982 et ont joué un rôle clé dans la formation du Hezbollah libanais.

Mohammad-Najjar est resté à la tête des opérations du Moyen-Orient des G.R. jusqu’en 1985. Durant toutes ces années, les gardiens de la révolution ont développé leur présence et leur influence au Liban, à la fois directement et à travers leurs agents, et ont établi des liens actifs avec des groupes palestiniens et arabes radicaux de la région.

Les forces de Mohammad-Najjar ont également développés leur présence clandestine chez les voisins méridionaux de l’Iran, comme le Bahreïn, le Koweït et l’Arabie Saoudite.

Mohammad- Najjar est devenu patron de l’organisation des industries militaires des gardiens de la révolution en 1985 et a ensuite développé les « super-mortiers » de 320 mm qui auraient dû être utilisés par la force Qods des G.R. dans des opérations terroristes en Europe et au Moyen-Orient.

Le choix de Mohammad-Najjar pour le ministère de la défense par son collègue des gardiens de la révolution, Ahmadinejad n’est pas surprenant. Le Président Ahmadinejad est un proche allié de ce haut commandant qui a joué un rôle crucial dans sa victoire à l’élection présidentielle.

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