Face aux avertissements croissants concernant l’aggravation de la crise de l’eau et l’incapacité du régime iranien à gérer ses ressources, le PDG de la Compagnie régionale des eaux de Téhéran a annoncé que seulement 14 millions de mètres cubes d’eau restent stockés dans le barrage de Karaj (Amir Kabir), ce qui ne permettra d’approvisionner Téhéran en eau potable que pendant deux semaines supplémentaires.
Le dimanche 2 novembre, Behzad Parsa a déclaré que l’apport d’eau aux barrages de Téhéran avait diminué de 43 % par rapport à l’année précédente.
Il a ajouté qu’à la même période l’année dernière, le réservoir du barrage de Karaj contenait environ 86 millions de mètres cubes d’eau, et que cette baisse sans précédent est due à une diminution de 100 % des précipitations dans la province de Téhéran par rapport à la moyenne de long terme.
Parsa a souligné que cinq années consécutives de sécheresse ont exercé une forte pression sur les ressources en eau de la province de Téhéran et que, si la consommation d’eau dans la capitale n’est pas maîtrisée, de graves difficultés d’approvisionnement en eau potable se poseront.
Ce responsable de la Compagnie régionale des eaux de Téhéran a cité la participation citoyenne à « économiser l’eau et à modifier les habitudes de consommation » comme seul moyen de surmonter la crise.
Ces derniers mois, face à l’aggravation de la crise de l’eau, les autorités iraniennes ont multiplié les accusations contre la population, mettant en garde contre la baisse des réserves des barrages et exhortant les citoyens à « économiser l’eau ».
Isa Bozorgzadeh, porte-parole du secteur de l’eau en Iran, a annoncé le 2 novembre la tenue d’une réunion spéciale sur la gestion de la crise de l’eau potable à Téhéran, en présence du ministre de l’Énergie et du gouverneur de la ville. Il a indiqué que, compte tenu de la « très courte durée de vie » des barrages de Latyan, Mamloo, Lar et Amir Kabir, des mesures exceptionnelles ont été prises pour réduire la consommation d’eau de la capitale.
Il a ajouté que la réduction prévue devait être mise en œuvre grâce à une gestion conjointe du ministère de l’Énergie et des citoyens.
Bozorgzadeh a également déclaré le 31 octobre qu’un scénario pessimiste avait été élaboré pour l’approvisionnement en eau de Téhéran à l’automne et que, compte tenu de la situation actuelle, la réduction de la pression de l’eau se poursuivrait jusqu’au rétablissement de la stabilité des ressources en eau.
Situation critique des zones humides iraniennes
Le 2 novembre, l’agence de presse Tasnim, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a rapporté qu’au cours de l’été précédent, neuf des principaux lacs et zones humides d’Iran — dont les lacs d’Ourmia, de Bakhtegan, de Parishan, de Jazmourian, de Gavkhouni, d’Hamoun, de Maharloo, de Tachk et de Houz-e Soltan à Qom — s’étaient complètement ou presque complètement asséchés.
L’agence Tasnim a souligné l’état critique des zones humides du pays après des sécheresses consécutives, indiquant que, selon les estimations de l’Organisation iranienne de protection de l’environnement, plus de 60 % des zones humides nationales sont asséchées ou ne contiennent plus que la moitié de leur capacité en eau.
Le manque d’apports d’eau, les prélèvements excessifs et la baisse du niveau des nappes phréatiques sont cités comme les principales causes de cette situation.
L’agence de presse officielle ILNA a rapporté le 24 octobre que le volume d’eau entrant dans les barrages du pays entre le 23 septembre et le 18 octobre était de 780 millions de mètres cubes, soit une baisse de 39 % par rapport aux 1,29 milliard de mètres cubes enregistrés durant la même période l’année précédente.
La crise de l’eau actuelle n’est pas la conséquence d’une seule année de sécheresse, mais le résultat de décennies de mauvaise gestion, de construction excessive de barrages et de l’absence de plan d’adaptation à la rareté de l’eau.
Les experts préviennent que les appels à « économiser l’eau » sans réforme de la gouvernance de l’eau, sans accroissement de la transparence des données, sans restauration des aquifères, sans contrôle des prélèvements d’eau illégaux et sans réduction de la consommation agricole coûteuse ne feront que repousser la crise à la saison suivante.

