IranIran (actualité)Un parallèle avec 1939 ?

Un parallèle avec 1939 ?

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The Washington Times, 27 novembre 2006 – De Dan Burton* – Le 23 août 1939, le ministre des Affaires étrangères soviétique, Vyacheslav Molotov, a stupéfait le monde entier en signant le Pacte de non-agression nazi soviétique sous l’œil attentif du ministre des Affaires étrangères allemand, Joachim Von Ribbentrop, et du chef d’Etat soviétique Josef Staline. D’un coup de stylo, la Russie soviétique a ouvert la voie au déclenchement de la seconde Guerre mondiale en assurant à Hitler qu’il n’aurait pas à mener de guerre sur deux fronts. Cette erreur de jugement a coûté la vie à approximativement 62 millions de personnes sur toute la planète, dont 6 millions de juifs et 23 millions de Russes.

Soixante-sept ans plus tard, il semblerait une fois de plus que la Russie ait fléchi devant les ambitions destructrices d’un tyran et d’un anti-sémite. En refusant de soutenir des sanctions sévères contre l’Iran pour son dangereux programme d’enrichissement nucléaire, la Russie expose une fois de plus le monde à un carnage inimaginable, certainement pire que celui de la seconde Guerre mondiale. Il est en effet particulièrement scandaleux que la Russie refuse de retenir les leçons du passé, faisant d’elle la principale pierre d’achoppement dans le combat de l’ONU contre l’Iran ; mais elle n’est pas la seule à détourner son regard du désastre imminent, comme expliqué ci-dessous.

Téhéran avance que son programme nucléaire est pacifique et destiné à générer de l’électricité, mais un grand nombre d’experts et de dirigeants extérieurs reconnaissent que l’Iran tente d’acquérir des armes nucléaires. Même l’Agence internationale de l’Energie Atomique (AIEA) dit ne pas être en mesure de vérifier que le programme de l’Iran (dissimulé aux inspecteurs de l’ONU pendant de nombreuses années) est purement pacifique. En effet, l’AIEA a déclaré dans ses rapports du 31 janvier et du 27 février que des documents, découverts par des inspecteurs de l’AIEA, accordaient une possible « dimension militaire » au programme iranien.

Mais le monde réagit-il pour contrer cette menace ? Clairement, non. Au contraire, les Nations Unies, la Russie, la Chine, l’Union européenne, une grande partie du Congrès américain et quelques dirigeants haut placés au département d’Etat estiment tous que nous pouvons négocier avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Fait encore plus inquiétant, l’Iraq Study Group, présidé par James Baker et Lee Hamilton, devrait donner des recommandations similaires dans son projet pour résoudre la situation en Irak. Toutes ces personnes semblent penser que l’on peut persuader M. Ahmadinejad d’abandonner ses ambitions nucléaires. De façon similaire, en septembre 1938, les grandes puissances européennes et la Ligue des Nations estimaient qu’elles pouvaient convaincre Hitler d’abandonner son désir de conquête simplement en lui donnant les Sudètes de Tchécoslovaquie. Cependant, presque un plus tard, Hitler tournait l’accord en ridicule en le qualifiant de « bout de papier », a envahi la Pologne et a déclenché la seconde Guerre mondiale.

Les partisans de la complaisance ont délaissé le monde en 1939 et c’est aussi ce qu’ils font aujourd’hui. Pour être plus explicite, ces dirigeants politiques ici et ailleurs qui prônent le « dialogue » avec l’Iran et un retrait rapide d’Irak, basé sur un calendrier contrefait et insouciant de la situation qu’ils vont laisser derrière eux, risquent de commettre la même grosse erreur. Une telle initiative serait sans aucun doute perçue comme une victoire pour Téhéran, de la même manière qu’Hitler considérait l’accord de Munich comme un grand succès confirmant le peu d’enthousiasme du monde à freiner sa marche. Malheureusement pour la planète, nous sommes dans l’ère nucléaire et les conséquences de cette erreur pour cette fois-ci littéralement entraîner la fin de la civilisation.

Pour Hitler, le processus de diplomatie n’était qu’une comédie visant à éviter des sanctions qui feraient entrave au réarmement et aux préparatifs de l’Allemagne à la guerre. Chaque retraite des alliés a tout simplement servi à renforcer la détermination d’Hitler à conquérir le monde. De la même façon, pour M. Ahmadinejad, la diplomatie n’est qu’une façade ayant pour objectif d’échapper à des sanctions qui freineraient le développement d’armes nucléaires en Iran et ses préparatifs pour la guerre. Ne vous y méprenez pas, l’Iran ne se prépare pas uniquement à la guerre, mais aussi à mener un nouvel holocauste, probablement plus dévastateur que le dernier (dont M. Ahmadinejad nie ignoblement l’existence, même si les derniers de ses survivants sont toujours présents sur Terre).

La preuve réside dans les propres paroles de M. Ahmadinejad. Le 26 octobre 2005, il a déclaré à l’occasion d’une conférence à Téhéran intitulée « Un monde sans le sionisme » qu’« Israël devait être rayé de la carte » et que « quiconque reconnaissait Israël allait brûler dans les flammes de la furie de la nation islamique ». Le 9 et le 14 décembre 2005, puis à nouveau le 28 mai, il a remis en question la véracité de l’holocauste. Le 14 décembre, il l’a qualifié de « mythe » et a déclaré que l’Europe devait créer un Etat juif en Europe, non au Moyen Orient.

Pour marquer le jour de « Qods » le 20 octobre, « fête » iranienne appelant à la guerre contre Israël sous prétexte de « libérer » Jérusalem, les journaux iraniens Kehyan et Ressalat, tous deux contrôlés par le gouvernement, ont publié des éditoriaux recommandant aux musulmans du monde entier de se préparer pour la « grande guerre » et pour détruire Israël.

Je suis du même avis que le leader du Likoud israélien, Benjamin Netanyahu, qui a déclaré récemment que le programme nucléaire et missile de Téhéran « allait bien au-delà de la destruction d’Israël ; il a bien l’intention de toucher le monde entier. Il s’agit d’un programme mondial au service d’une idéologie insensée ». Il a poursuivi : « Israël serait certainement le premier arrêt de la tournée ravageuse iranienne, mais au rythme prévu de 25 bombes nucléaires par an… [cet arsenal »> visera ‘le grand Satan’, les USA, et le ‘Satan modéré’, l’Europe ».

Personne n’avait pris le soin d’imaginer le pire en 1939 et beaucoup semblent peu enclins à imaginer le pire aujourd’hui. Une fois de plus, des millions d’innocents pourraient payer le prix de notre folie. L’histoire nous rappelle que la situation en 1938 et 1939 est un des plus grands « si » du 20ème siècle : si seulement les alliés avaient tenu tête à Hitler, si seulement l’Union soviétique n’avait pas signé ce pacte de non-agression avec Hitler. Je ne veux pas que l’histoire nous rappelle un jour que la situation en 2006 et 2007 (à supposer qu’il subsiste une civilisation pouvant encore le faire) était un des plus grands « si » du 21ème siècle. Ne retenons-nous pas les leçons d’un passé aussi récent et comportant un si grand nombre de similitudes ?

Il est encore temps pour le monde de se réveiller et de se rendre compte qu’aucune carotte imaginable ne peut persuader le gouvernement de Téhéran de ne pas acquérir d’armes nucléaires. S’il y parvenait, il les utiliserait certainement comme moyen de pression pour imposer sa volonté et, finalement, les déploierait pour provoquer l’apocalypse. Nous devons requérir la volonté et la vision politique de tout faire pour éliminer le programme nucléaire de Téhéran dès maintenant. Si nous attendons encore quelques années de plus, notre capacité à stopper ces fous nucléaires va tout simplement cesser d’exister.

*Dan Burton est député républicain de l’Indiana.

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