IranIran (actualité)Ali Larijani élu à la présidence du parlement iranien

Ali Larijani élu à la présidence du parlement iranien

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Larijani, qui a quitté son poste de négociateur l’an dernier en invoquant des divergences avec Ahmadinejad sur le traitement du différend nucléaire avec l’Occident, a obtenu une majorité nette de 237 voix au Majlis, assemblée comptant 290 sièges.

Bien qu’il ait été battu au scrutin présidentiel de juin 2005, les analystes s’attendent à le voir se représenter en 2009 en s’appuyant sur les députés conservateurs opposés à la politique économique d’Ahmadinejad et à ses discours incendiaires contre l’Occident.

"De toute évidence, le Majlis voulait un président fort, capable de tenir tête à Ahmadinejad", déclare un analyste souhaitant garder l’anonymat.

L’élection de Larijani au "perchoir" de l’assemblée nationale était attendue, les conservateurs – restés majoritaires à la chambre après les législatives de mars – ayant soutenu à une très forte majorité sa candidature au cours d’une réunion interne tenue cette semaine.

Le nouveau parlement est dominé par des conservateurs modérés, parmi lesquels figurent des rivaux du chef de l’Etat. Il devrait ainsi se montrer plus critique envers Ahmadinejad, surtout en ce qui concerne l’économie, marquée par un taux d’inflation supérieur à 24%.
"Le parlement ne peut pas fermer les yeux sur (la tenue actuelle de) l’économie", ajoute l’analyste.

Ahmadijenad, qui a remporté une victoire inattendue en 2005 en s’engageant à répartir plus équitablement les revenus pétroliers, accuse ses adversaires de saboter les plans de redressement de l’économie nationale. L’Iran est le quatrième exportateur mondial de pétrole brut.

POURPARLERS SANS RÉSULTAT

Larijani fait partie d’une faction de dirigeants politiques qui, à l’instar d’Ahmadinejad, se posent en défenseurs des "principes" de la République islamique. Certains représentants de ce camp estiment toutefois que les attaques verbales d’Ahmadinejad contre l’Occident, en particulier sur le dossier nucléaire, ont aggravé l’isolement de l’Iran.

En vertu du régime islamique de l’Iran, c’est toutefois le guide suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur les grandes questions comme la politique nucléaire. Or, Khamenei a publiquement approuvé le président, que l’on s’attend à voir briguer sa réélection.

Larijani se dit en désaccord avec Ahmadinejad sur des points de "style".

Des observateurs considèrent qu’il a fait preuve d’un réel souci de négociation, bien que les Etats-Unis et l’Union européenne aient exprimé leur déception en constatant que les pourparlers qu’il avait eus des mois durant avec leur émissaire n’avaient abouti à aucun résultat.

Larijani a noté la semaine dernière que le degré de coopération actuel avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) serait compromis si les grandes puissances persistaient à "malmener" le dossier nucléaire iranien.

Les Occidentaux accusent Téhéran de chercher à acquérir des armes nucléaires. L’Iran affirme ne viser qu’à produire de l’électricité, mais ses assurances n’ont pas convaincu ses interlocuteurs et l’Onu lui a infligé trois séries de sanctions depuis fin 2006.

Né en 1958, Larijani a dirigé pendant dix ans la radio-télévision nationale avant de démissionner en 2004 pour devenir conseiller de l’ayatollah Khamenei pour la sécurité.

Ancien membre des Gardiens de la révolution, force idéologique censée protéger le régime islamique, il s’est présenté à la présidentielle de 2005 mais a été supplanté par plusieurs candidats, dont Ahmadinejad, vainqueur du scrutin.

Il défendait une position dure sur la question nucléaire avant d’être nommé négociateur dans ce domaine en 2005. A l’époque, il estimait que l’Iran échangerait "une perle contre un sucre d’orge" s’il acceptait les mesures incitatives que lui offrait l’UE pour qu’il renonce à ses recherches sur le combustible nucléaire.

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