IranIran (actualité)Ahmadinejad malade ou surmené ?

Ahmadinejad malade ou surmené ?

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Le Figaro,28 octobre 2008 – Après les rumeurs, les démentis. Depuis plusieurs mois, la santé fragile de Mahmoud Ahmadinejad fait l’objet de diverses spéculations, révélatrices des tensions politiques opposant détracteurs et partisans du président iranien à quelques mois des futures élections, qui se tiendront en juin prochain. Fait rare pour ce politicien habituellement bavard, connu pour ses diatribes enflammées contre Israël et les Etats-Unis, personne ne l’aurait vu en public au cours de la semaine passée. Il aura fallu attendre samedi pour le voir réapparaître, le visage fatigué, au cours d’une cérémonie religieuse.

Malade, mourant ou tout simplement surmené ? Des blogs contestataires n’ont cessé de se déchainer à ce sujet au cours de ces derniers jours. C’est finalement son ministre de la Culture, Mohammad Hossein Saffar Harandi, qui vient de briser la glace en déclarant dimanche le chef de l’Etat «en pleine forme, meilleure que la mienne», tout en le disant naturellement fatigué par le surmenage «dû à son travail». Mahmoud Ahmadinejad souffre, reconnaît-il, d’hypotension artérielle et s’est rendu plusieurs fois à l’hôpital pour y être traité. Une visite de routine, d’après lui, due à un épuisement lié aux «longues journées de travail».

La veille, le député Mohammad Ismail Kowsari, un allié du président, avait expliqué que Mahmoud Ahmadinejad était souffrant à cause de sa charge de travail, selon l’agence officielle IRNA. «Le président va guérir et poursuivre son travail», a assuré le député, qui avait accompagné Mahmoud Ahmadinejad à New York en septembre à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU. En ajoutant: «Tout être humain serait épuisé par une telle charge de travail.»

Ce n’est pas la première fois que la santé d’un responsable politique déchaîne autant de passion. L’état de santé du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei – numéro un du régime – qu’on dit souffrir d’un cancer de la prostate, fait très régulièrement l’objet de multiples rumeurs. En fait, la diversité des commentaires qui ont pu fleurir sur la fatigue de Mahmoud Ahmadinejad révèle à quel point ce président aux formules très controversées est sous observation. Ses détracteurs, parmi lesquels d’anciens alliés du clan conservateur, y voient une occasion rêvée pour mettre l’accent sur la fragilité du président et son incapacité à se représenter aux futures élections.

A l’inverse, pour ses partisans, qui aiment rappeler que Mahmoud Ahmadinejad «travaille souvent vingt heures par jour», il est de bon ton de saluer le «courage» et «l’héroïsme» de ce petit homme à la barbe brune, élu à la présidence en 2005. Pour eux, c’est l’occasion rêvée de redorer son image à un moment où il fait face à un vent de contestation croissant, en partie lié à sa politique économique qui privilégie les aides sociales au détriment de l’investissement dans de nouveaux projets, sans véritable planification sur le long terme.

Cette affaire intervient également à une période critique pour un proche du président Ahmadinejad, le ministre de l’Intérieur, Ali Kordan. Accusé d’avoir falsifié son diplôme de l’université britannique d’Oxford, Ali Kordan fait aujourd’hui l’objet d’une procédure de révocation pour «manque d’honnêteté» de la part d’un groupe de parlementaires iraniens.

«Conformément aux lois internes du parlement, Ali Kordan dispose de dix jours à partir d’aujourd’hui pour se présenter et répondre aux questions des députés», a annoncé dimanche la radio publique, en précisant que 28 des 290 députés iraniens avaient signé la proposition de révocation.

La destitution du ministre de l’Intérieur sanctionnerait le «manque d’honnêteté sur ses références scolaires» et le «paiement d’un salaire gouvernemental sur la base d’un diplôme non valable». Des accusations embarrassantes pour cet allié de Mahmoud Ahmadinejad.

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