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Wall Street Journal – Avec la levée des sanctions, l’Iran pourrait devenir encore plus agressif

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Wall Street Journal- Par Mortimer Zuckerman, rédacteur en chef de U.S. News & World Report : Des rapports crédibles indiquent que le Pakistan est prêt à expédier un kit atomique à l’Arabie saoudite, la nation sunnite qui s’oppose à la subversion de l’Iran chiite dans la région (…)

Jusqu’où M. Obama est prêt à courir derrière le rêve des négociations est illustré par la candeur récente de son Secrétaire à l’Énergie, Ernest Moniz, un physicien nucléaire qui a fait partie des négociations. En 2013, le Président a répondu aux questions sur la capacité de l’Iran de produire des armes nucléaires par ces mots : « Notre évaluation continue de l’estimer à une année ou plus, et en fait, notre estimation est probablement plus prudente que les estimations des services de renseignement israéliens. »

Pourtant, M. Moniz a raconté aux journalistes de Bloomberg une autre histoire : « Ils sont en train de les faire tourner en ce moment. Je veux parler d’enrichissement avec 9400 centrifugeuses sur leurs quelque 19 000 », a-t-il dit. « Il n’en auront pas pour longtemps pour aller de l’avant. Deux à trois mois. » Depuis combien de temps l’administration a ce point de vue ? « Oh, depuis un certain temps », a répondu M. Moniz. L’article de Bloomberg suggère « plusieurs années ».

Cette remarque étonnamment décontractée reposait sur des informations apparemment déclassifiées le 1 avril. (…) Comparons où nous en sommes aujourd’hui avec les conditions que M. Obama avaient fixées il y a deux ans.

• L’enrichissement : Avant le début des négociations, l’administration Obama et le Conseil de sécurité des Nations Unies avaient insisté pour que l’Iran arrête tout enrichissement d’uranium. Tout comme l’accord-cadre de 2013. Maintenant l’accord consacre le droit de l’Iran à enrichir.

• La réserve : En février, l’Iran avait 10.000 kg d’uranium enrichi, dont l’accord dit qu’ils seront réduits à 300 kg. Le reste sera exporté vers la Russie et renvoyé en Iran sous la forme de barres de combustible pour une utilisation dans une centrale électrique. Mais le vice-ministre iranien Abbas Araqchi a déclaré aux médias officiels à la fin mars qu’il «n’est pas question d’envoyer des stocks à l’étranger ».

• Les centrifugeuses : L‘Iran compte environ 19.000 centrifugeuses, et les Etats-Unis avaient d’abord appelé à les réduire entre 500 et 1500. L’accord en autorise désormais 6104. Mais ce n’est pas tout, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que les centrifugeuses sophistiquées IR-8, qui enrichissent l’uranium 20 fois plus vite que les modèles actuels IR-1, seront mises en service dès que l’accord nucléaire prendra effet, contrairement à ce que les États-Unis ont affirmé.

• L’infrastructure : La fermeture des sites nucléaires de Fordo, Natanz et Arak a été un objectif américain pendant dix ans. Selon l’accord, l’usine nucléaire d’eau lourde de 40 mégawatts à Arak, qui produit du plutonium, restera, mais avec une production réduite de plutonium. L’accord autorise l’installation de Fordo, qui est enterrée dans une montagne-forteresse conçue pour résister à une attaque aérienne, d’être convertie en un centre « de recherche pacifique». L’Iran sera autorisé à y conserver 1 000 centrifugeuses. Natanz restera aussi ouvert.

• Les missiles : l’Iran fait obstruction aux préoccupations concernant les dimensions militaires de son programme nucléaire. Les négociateurs américains ont rabaissé les exigences de Téhéran restreigne le développement de missiles balistiques intercontinentaux pouvant transporter des ogives.

• La durée : Initialement, les Etats-Unis voulaient un accord durant vingt ans. Maintenant les termes clés tombent à dix ou quinze ans. Plutôt que de permettre un désengagement américain du Moyen-Orient, le cadre est susceptible de rendre nécessaire un engagement plus profond dans de nouvelles conditions complexes, comme l’ont écrit les anciens secrétaires d’Etat Henry Kissinger et George Shultz dans ce journal au début du mois.

• La mise en place : le président Obama promet : « Si l’Iran triche, le monde saura. Si nous voyons quelque chose de suspect, nous inspecterons. » C’est franchement irréaliste. Au cours de la seule année écoulée, l’Iran a violé au moins trois fois ses accords internationaux. En novembre l’Agence internationale de l’énergie atomique a pris l’Iran en train d’exploiter une nouvelle centrifugeuse avancée IR-5. Le désaccord sur les inspections en vertu de l’accord persiste. Le Secrétaire Moniz a dit que les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique doivent être autorisés à accéder à n’importe quel endroit, à tout moment. L’ayatollah Ali Khamenei et son armée disent que c’est impossible.

• Les sanctions : L’accord donne exactement à l’Iran ce qu’il voulait : une levée permanente des sanctions économiques en échange de restrictions temporaires. M. Obama parle d’être en mesure de « réenclencher » les sanctions. Mais il faut prendre en compte l’attitude de deux grands acteurs dans les pourparlers avec les six puissances. La presse chinoise se réfère à un Iran «pacifique» comme si c’était la Suisse. La Russie affirme que l’accord l’a libérée pour pouvoir vendre des missiles de défense aérienne S-300 à Téhéran. En supposant que l’Occident découvre une violation nucléaire, il sera pratiquement impossible d’imposer à nouveau les sanctions d’aujourd’hui.

Un bon comportement : Pendant ce temps, l’ayatollah Khamenei continue de dénoncer les Etats-Unis comme le Grand Satan, en précisant que l’Iran ne s’attend pas à normaliser ses relations. Ses discours indiquent que l’Iran se voit encore dans une guerre sainte avec l’Occident.

Le président Obama semble vouloir ignorer le comportement belliqueux de l’Iran et son influence croissante sur Beyrouth, Damas, Bagdad et la capitale du Yémen, Sanaa. Avec la levée des sanctions, l’Iran pourrait devenir encore plus agressif.

Traduit de l’anglais, WSJ, 24 avril 2015

 

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