Le Département du Trésor américain, en coordination avec le Département de la Justice, a annoncé une nouvelle série de sanctions contre un réseau international lié au programme iranien de drones. Ce réseau comprend six entités et deux individus basés en Iran, aux Émirats arabes unis et en Chine, tous impliqués dans la fourniture de composants pour l’industrie iranienne des drones.
Selon des responsables américains, ce réseau opérait en soutien à Qods Aviation Industries, l’un des principaux fabricants iraniens de drones militaires. Il a également joué un rôle dans la fourniture d’équipements à d’autres entités affiliées au complexe militaro-industriel iranien, notamment l’Iran Aircraft Manufacturing Industries Company (HESA) et le groupe industriel Bagheri.
Le Département de la Justice américain a également annoncé qu’une mise en examen avait été prononcée dans le district Est de New York contre Hossein Akbari (63 ans) et Reza Amidi (62 ans), tous deux ressortissants iraniens, ainsi que contre une société iranienne nommée Rah Roshd.
Selon l’acte d’accusation, ils sont accusés d’avoir tenté de fournir un soutien matériel au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) du régime iranien et d’avoir participé à un projet de transfert de technologie américaine destinée à être utilisée dans des drones d’attaque iraniens. Akbari et Omidi sont toujours en fuite.
Historique des sanctions liées aux drones
L’utilisation massive de drones iraniens par la Russie lors de son invasion de l’Ukraine a attiré l’attention du monde entier sur cet aspect du programme d’armement iranien.
Le Département du Trésor américain a publié un guide complet sur l’industrie iranienne des drones, identifiant 13 codes tarifaires pour les composants susceptibles d’être utilisés dans la fabrication de drones.
Cependant, l’Iran continue d’importer massivement des composants essentiels pour drones par l’intermédiaire d’entreprises privées.
Historique des sanctions liées aux drones contre l’Iran
En novembre 2023, le Département du Trésor américain a sanctionné 10 entités et quatre personnes basées en Iran, en Malaisie, à Hong Kong et en Indonésie pour avoir soutenu le programme iranien de production de drones. Parmi les personnes sanctionnées figuraient Hossein Hatefi Ardakani, président de la société Kavan Electronic Behrad, et le groupe industriel Saman, affilié au ministère iranien de la Défense.
En mars 2024, les États-Unis ont imposé des sanctions à 16 personnes et deux autres entités impliquées dans la facilitation de la production de drones en Iran. Le Trésor américain a déclaré que les personnes sanctionnées agissaient pour le compte du Corps des gardiens de la révolution islamique-Force Al-Qods (CGRI-FQ) en collaboration avec des fabricants de drones.
En avril 2024, à la suite de l’attaque iranienne au drone et au missile contre Israël, le Royaume-Uni a annoncé des sanctions contre l’industrie iranienne des drones militaires. Les États-Unis et le Canada ont également imposé de nouvelles sanctions visant le secteur de la production de drones du ministère iranien de la Défense.
En octobre 2024, le Département du Trésor américain a sanctionné deux personnes et deux entités pour leur implication dans le développement et la fourniture de systèmes de navigation essentiels pour l’Iran. Par ailleurs, le Département d’État américain a imposé des sanctions au commandant adjoint de la force aérospatiale du CGRI et à deux entités iraniennes pour leur soutien aux programmes de développement de missiles balistiques et de drones de Téhéran.
Les sanctions les plus récentes, avant la dernière série, ont eu lieu le 27 février 2025, lorsque le Département du Trésor américain a sanctionné six entités basées à Hong Kong et en Chine pour leur rôle dans l’achat et la fourniture de composants clés de drones à l’Iran.
Dans son communiqué, le Département du Trésor a souligné que cette action s’inscrivait dans la « campagne de pression maximale » de Donald Trump contre le régime iranien.

